lundi 19 août 2013

La Grande Dixence

19 août

Notre destination aujourd’hui est un site « 3 étoiles » du Guide Vert Michelin.  Selon ce guide, un « 3 étoiles » signifie « vaut le voyage ! ».  Donc, nous poursuivons notre route vers Sion et empruntons une petite route vers le sud pour, encore une fois, monter, monter, monter dans un col.  Notre route est de plus en plus étroite et pendant les cinq derniers kilomètres, ne comporte qu’une seule voie et environ une vingtaine de virages en épingle.  Heureusement, nous ne rencontrons aucune voiture en sens inverse.

Nous arrivons enfin à notre destination, le Barrage de la Grande Dixence.  C’est le plus haut barrage-poids du monde.  Implanté à 2 365 mètres d’altitude, il a une  hauteur de 284 mètres et a été mis en service en septembre 1966.   Nous effectuons la visite guidée qui nous amène dans quelques-uns des 32 kms de tunnels à l’intérieur du barrage.


Ce qui est assez impressionnant, ce sont les explications qui évoquent le plus gigantesque ouvrage de génie civil entrepris par les suisses.   Voici quelques données que nous avons retenues :
  • La construction du barrage a duré 10 ans et a nécessité 5,9 millions de mètres cubes de béton.
  • Le barrage sert à retenir un lac artificiel de 5,6 km de long entouré de montagnes.
  • L’approvisionnement en eau du lac se fait par 100 km de tunnels creusés dans les montagnes environnantes pour recueillir les eaux de 35 glaciers.
  • L’eau du lac est ensuite transportée par de grosses canalisations pour rejoindre les quatre stations de fabrication d’électricité dans la vallée à 1 800 mètres plus bas.
  • L’apport annuel en électricité est évalué à 1 600 millions de kWh.
Nous terminons notre visite en empruntant un téléphérique qui nous amène sur la crête du barrage.  Nous avons alors une magnifique vue sur le lac, d’un beau vert doux et aussi sur les montagnes et glaciers environnants.



Il faut maintenant renégocier les nombreux virages en épingles dans une route très pentue, mais finalement, tout se déroule bien et nous arrivons au petit village de Hérémence et nous nous arrêtons pour quelques photos.  Nous sommes estomaqués par la disposition des maisons, en escalier au flan de la montagne…  ce que nous voyons en bas, ce ne sont que des toits, et cela sur plusieurs niveaux !  Quelle façon de vivre à flan de montagne, toujours dans les escaliers (intérieurs et extérieurs).  Nous n’avons vu aucun vélo ici…
 



SUISSE - Le Grand Saint-Bernard

18 août

Nous voilà rendus en Suisse !  Dans les prochains jours, nous explorerons le Valais, région francophone des Alpes.  Donc, après avoir suivi les rives du Lac Léman et celles du Rhône qui alimente les eaux du lac, nous avons fait un arrêt à Martigny, petite ville reliée par le train qui part de Chamonix.  Arrêt à l’Office du tourisme pour une carte et les informations de bases et nous voilà sur la route du Grand Saint-Bernard.  Cette vieille route chargée d’histoire relie le Valais au Val d’Aoste en Italie.  Napoléon Bonaparte l’a emprunté en 1800 avec 46 000 soldats.  Nous atteignons la route du Col après avoir traversé une belle voie d’environ 5 à 6 kilomètres, genre de tunnel ouvert avec toit et fenêtre d’un côté.  Nous arrivons à une intersection et avons le choix entre le Tunnel du Grand Saint-Bernard – d’une longueur de 5,9 km, il a été construit entre 1959 et 1964 par la Suisse et l’Italie – et le col du même nom.  Nous choisissons le col car c’est notre destination d’aujourd’hui. 

Nous remarquons que la route est vieille, plus étroite et pentue que les autres cols français que nous avons empruntés.  Nous arrivons enfin au Col et trouvons un stationnement malgré l’affluence ce dimanche.  Le site est situé à 2469 mètres dans une échancrure rocheuse avec un lac au milieu qui est gelé en moyenne 265 jours par année.  Plusieurs bâtiments sont construits autour du lac.  Nous marchons vers l’autre côté du lac, traversons la douane italienne et retrouvons un hôtel et un restaurant.  Nous revenons sur nos pas pour visiter les bâtiments du côté Suisse, soit l’Hospice du Grand Saint-Bernard, le musée et le chenil.
Col, du Grand Saint-Bernard, côté Italie


Col de Grand Saint-Bernard - Hospice côté Suisse

Nous débutons donc la visite par le chenil dans lequel nous pouvons voir les célèbres chiens saint-bernard.  Il y a une quinzaine de chiens adultes, surtout des femelles et une vingtaine de chiots d’environ 2 mois. Le chenil, qui appartenait aux chanoines de l’hospice, a été vendu à la fondation Barry en 2005 qui s’est engagée à garantir la présence des chiens au col pendant l’été (ils sont à Martigny pendant l’hiver).  Le chenil est maintenant dédié uniquement à la reproduction pour la vente partout dans le monde – un chiot (pure race évidemment) coût 2 400 francs suisse, soit environ la même valeur en dollars canadiens. Ces chiens ne sont plus utilisés pour secourir les alpinistes et skieurs car ils sont trop lourds pour les hélicoptères et moins habiles dans la neige que les bergers allemands qui sont maintenant utilisés.  Nous sommes charmés par ces belles bêtes dociles aux yeux doux.





Nous visitons ensuite le musée qui retrace l’histoire de cette race de chien de montagne et de neige. La race des saint-bernard est très vieille ; des documents ont été trouvés datant de 1380 faisant référence à ces chiens. Comme le groupe était restreint, ils sont devenus consanguins.  Ils ont alors été croisés avec des terre-neuve qui était la race qui leur ressemblait le plus.  Ils sont donc devenus un peu plus gros et plus forts pour accomplir leur tâche de sauvetage en montagne, notamment le plus célèbre, Barry, qui a secouru pas moins de 40 personnes en 1812. Pour commémorer ses exploits, le chenil nomme son plus beau mâle « Barry » depuis plus d’un siècle.  Barry II et Barry III sont également célèbres pour avoir secourus nombre de gens en difficulté.

Notre visite se termine par l’hospice du Grand-St-Bernard tenu par les religieux de l’ordre des chanoines de St-Augustin qui entretiennent une tradition d’assistance et d’hospitalité aux voyageurs en toute saison.  Ils nous ont reçus avec beaucoup de chaleur et de simplicité.  Ils ont été installés il y a neuf siècles par Saint-Bernard de Menthon, d’où l’appellation de la route, du col, du tunnel et des chiens !
Église de l'Hospice
Nous redescendons le col et notre journée se termine au camping du Grand Saint-Bernard (!) dans le beau, vieux et pittoresque village de Bourg St-Pierre situé à 1920 mètres d’altitude.  Le sommeil sera bon au frais !
Église de Bourg Saint-Pierre

samedi 17 août 2013

Les stations thermales du Lac Léman

15 août – Thonon-les-Bains

Jeudi le 15 août est journée férié en France et dans plusieurs pays d’Europe.  C’est la Sainte-Marie, fête pour les catholiques (je crois qu’on l’appelle aussi l’Assomption).  Comme il n’y a pas de transport en commun les jours fériés, nous prenons nos vélos et nous nous rendons à Thonon-les-Bains.  C’est une petite ville très coquette avec son château, le Château de Ripaille, et surtout sa rive du lac Léman qui est très animée.  Nous prenons le funiculaire qui nous amène sur une belle terrasse fleurie.  C’est un centre de villégiature avec beaucoup de vacanciers venus se la couler douce.




Nous sommes installés au camping les Huttins à Amphion-les-Bains, pour seulement 17 euros la nuit. Comme c'est un beau camping près du lac, avec belle plage de galets à 10 minutes de marche, nous décidons d’y passer quelques jours.


16 août – Évian-les-Bains

Après quelques courses à vélos ce matin, nous prenons l’autobus pour Évian-les-Bains.  Nous sommes surpris de monter à bord d’un autobus Mercedes longue distance confortable, qui nous semble tout neuf et qui aurait pu nous amener jusqu’en Russie… mais nous descendons dix minutes plus tard au centre d’Évian-les-Bains, mondialement connue pour son eau de source du même nom.   Cette ville a connu sa célébrité auprès des aristocrates aux 19e et 20e siècles, qui venaient pour s’y reposer et surtout pour ses nombreuses sources aux vertus médicinales.  Plusieurs bâtiments anciens sont encore très biens conservés, notamment l’Hôtel de ville, ancienne villa d’été d’Antoine Lumière, le père de Louis et Auguste, inventeurs du cinématographe.  Nous visitons quelques établissements thermaux des années 1900 ainsi que le griffon de la source Cachat, la plus célèbre source d’Évian dont les vertus furent révélées en 1790.  Des gens font la file pour remplir leur bouteille de cette belle eau claire qui descend des montagnes. 
 
Griffon de la source Cachat
Une des attractions les plus célèbres d’Évian est son funiculaire, qui est le seul au monde à comporter six gares.   Destiné au transport des clients de la Société des Eaux et de la Société des hôtels d’Évian, il fut mis en exploitation en 1907.  Les deux voitures en bois et acier peuvent accueillir 60 personnes.  Le funiculaire que nous prenons aujourd’hui est l’original et n’a pas été modifié, sauf pour la sécurité.  L’ouverture des portes se fait manuellement par la préposée, et ce à chacune des gares. Le trajet dure environ 15 minutes, sur 790 mètres de longueur et passe dans quelques tunnels.  Nous nous imaginons les passagers du début des années 1900 avec des habits et chapeaux haute forme pour les messieurs et de belles robes longues pour les mesdames.



Après le retour au camping, notre journée se termine par une belle baignade dans le lac Léman, dont l’eau est d’un beau bleu azur.  Nous décidons de rester demain pour profiter du lac et de la belle température et dimanche, ce sera la route pour la Suisse.