samedi 21 septembre 2013

La Provence

19 septembre

La voie rétrécie par les vieux platanes
Nous poursuivons notre route vers l’est ce matin et nous découvrons le charme de la Provence.  Le paysage est tout en nuance, de beaux vallons cultivés avec une perspective sur les montagnes environnantes, la chaîne du Luberon et le mont Ventoux, connu surtout pour son dénuement et pour ses nombreux lacets qui sont prisés par les cyclistes du Tour de France.  Les villages que nous rencontrons sont perchés sur le haut des collines et des butons. Très souvent, nous rencontrons une belle et longue rangée de vieux platanes qui rétrécissent la voie.  Ces arbres ont sûrement été plantés alors que les routes étaient empruntées par des voitures d’une autre époque.  Malheureusement, nous ne verrons pas les champs de lavande, la saison de floraison étant terminée.  Ce sera pour une autre fois.


Roussillon
 
Nous montons dans un village recommandé dans notre guide Vert : Roussillon.  Son nom n’est pas étranger à la région car la terre est rouge ici.  Nous débutons par le sentier des ocres, aménagé dans une ancienne carrière.  C’est ici qu’un roussillonnais, Jean-Étienne Astier, a eu l’idée de laver le sable pour en extraire le pigment pur, devenant ainsi le premier fabriquant d’ocre.  Ce colorant minéral naturel est extrait des grains de sable que l’oxyde de fer colore en jaune, brun ou rouge.  Les couleurs tout en nuance des falaises contrastent avec la végétation de pins, de chênes et de genévriers.



Les maisons ocrées de Roussillon
Nous nous rendons ensuite au cœur du village dont les ruelles étroites et en escaliers révèlent ses maisons dont les façades sont badigeonnées d’ocre.  La palette de couleurs du jaune au rouge nous offre un magnifique tableau.  Plusieurs galeries d’art ont pignon sur rue, de même que des boutiques d’aliments fins et de tissus de la Provence.  Ne pouvant résister, nous achetons des linges de vaisselle pour le Bourlingueur (torchons pour les français) et une huile d’olive fine de la région.

Roussillon

  
20-21 septembre

En partant de Roussillon, nous ciblons le camping municipal de Apt situé à une dizaine de kilomètres mais en voulant entrer dans la petite rue, il y a des autos de stationnées et il nous est impossible d’y accéder.  Nous oublions Apt et poursuivons vers l’est jusqu’à Forcalquier.

Moustiers-Sainte-Marie

Vendredi, nous poursuivons notre route provençale jusqu’à Moustiers-Sainte-Marie et nous nous installons dans un beau camping sis au pied du village qui est perché devant deux immenses pics.  Nous admirons ce magnifique petit village au coucher de soleil.  Ça ressemble à une crèche provençale avec des santons de Provence.  Il y a une étoile accrochée depuis les croisades entre les deux parois de la montagne… on se croyait à Bethléem !

Moustiers-Sainte-Marie, le village crèche !


Le sentier des pélerins
Samedi, en montant visiter le village, nous poursuivons notre ascension jusqu’à jusqu’à un lieu de pèlerinage, la  chapelle Notre-Dame-du-Beauvoir.  Le large chemin empierré est usé par les nombreux pèlerins qui grimpent ici depuis le 9e siècle.  La chapelle est assez grande et uniquement éclairée par les nombreux lampions.  Au 17e siècle, on amenait ici les enfants mort-nés pour les faire ressusciter quelques instants le temps de les baptiser.  Ils pouvaient ensuite être inhumés religieusement dans le cimetière, assurant le salut de leur âme.  On appelle cela la suscitation d’enfants et les chapelles reconnues pour ce miracle sont désignées sous le nom de chapelle à répit.

Le ciel est magnifique ce matin et nous profitons des hauteurs pour prendre de belles photos du village, tout en bas, ainsi que des paysages environnant, notamment le lac de Ste-Croix, d’un beau bleu azur.
Moustiers-Sainte-Marie vue d'en haut et le lac Sainte-Croix au loin
En redescendant au village, nous nous promenons à travers les petites rues étroites et pentues et visitons les boutiques de faïence.  Moustiers-Sainte-Marie est reconnu depuis trois siècles pour sa production d’une faïence fine à la blancheur de lait.  Il y a de nombreux artisans qui présentent leurs pièces uniques.  Le ruisseau qui descend de la montagne et traverse le centre du village est aussi très spectaculaire.  


De retour au Bourlingueur, nous nous préparons mentalement pour notre journée de demain, le circuit des Gorges du Verdon, un des sites les plus spectaculaires de France.

mercredi 18 septembre 2013

Sur le pont d’Avignon, on y danse !

14 au 17 septembre – Côtes du Rhône

Tournon sur Rhône
Après notre provision à la Cave de Tain, nous avons passé deux jours à Châteauneuf-sur-Isère dans le beau camping Soleil Fruité à faire du vélo et de la trempette dans la belle piscine couverte et chauffée.  Nous nous sommes ensuite dirigés vers les rives du Rhône et avons passé deux autres journées de repos au camping municipal de Tain l’Hermitage.  Ce camping est très bien situé car à dix minutes à pied du village de Tain et de Tournon.  C’est à Tournon que Denis a perdu son appareil photo en juillet.  Donc, ce séjour nous a permis de reprendre quelques photos de ces deux beaux villages.  Lundi, la piste cyclable qui longe le Rhône nous a menés à Valence, 18 km au sud.



Tain l'Hermitage et le vignes de Paul Jaboulet Ainé à droite et de Chapoutis à gauche
18-19 septembre - Avignon

Mardi matin, nous retrouvons avec plaisir Aurélie et toute la grande famille de Morin Loisir’s à Saint-Péray pour une petite réparation du Bourlingueur.  Nous reprenons ensuite la route, direction sud, afin d’étirer notre été le plus longtemps possible.  Nous arrivons à notre destination en fin d’après-midi : Avignon.  Le camping ciblé est situé sur l’île de la Barthelasse, juste en face du vieux Avignon.  Comme ça nous semble bien beau, nous mangeons tôt et nous profitons de la proximité du camping pour une première promenade au centre et quelques belles photos de fin de journée.  Demain, nous visiterons les deux endroits à ne pas manquer : le fameux pont d’Avignon et le Palais des papes.

Avignon et l'immense Palais des Papes
Les remparts
Avignon est une ville médiévale inscrite depuis 1995 au patrimoine mondial de l’Unesco.  Comme le vieux Québec, elle est entourée de solides et imposants remparts d’une longueur de 4,3 km qui ont servis plus souvent minimiser les inondations de la crue du Rhône qu’à des fins militaires.   Ce fleuve de 820 km de long est un des plus importants de France et ses débordements ont souvent été dévastateurs. Il est maintenant régulé par 22 barrages et canaux de dérivation mais les débordements sont encore possibles car le camping affiche des instructions en cas d’inondation.

Notre première visite, évidemment : le pont d’Avignon, qui s’appelle en fait le pont Saint-Bénezet.  À l’origine, il avait 900 mètres de long et 22 arches.  Sa construction débuta en 1177 et dura 8 ans.  Il a ensuite subi les assauts du Rhône et fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises mais c’est au 17e siècle qu’il fut définitivement brisé par les crues du Rhône.  Aujourd’hui, il ne subsiste que 4 arches.  Sur l’une des piles se dressent deux petites chapelles, la chapelle Saint-Bénezet en bas et la chapelle Saint-Nicolas construite par dessus.  Concernant la célèbre chanson « Sur le pont d’Avignon… », l’air est très vieux mais les paroles ont souvent été modifiés avec les siècles et il semblerait qu’à une certaine époque, c’était « sous » le pont que les gens chantaient…


Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse...
Nous visitons ensuite le Palais des Papes.  Confrontés à des conflits, le pape Clément V quitta Rome en 1309 pour s’installer à Avignon et débuta la construction d’un palais épiscopal (le Palais-Vieux).  Les six papes qui lui succédèrent firent construire plusieurs agrandissements dont un magnifique palais (le Palais-Neuf).  C’est en 1377 que les papes retournèrent finalement à Rome.  Notre visite nous permet d’admirer les immenses pièces où le pape administrait l’Église et où il s’y déroula plusieurs conclaves.  Cependant, ce n’est pas meublé et seulement quelques pièces présentent les murs originaux couverts de peintures du 14e siècle.

Une toute petite partie du Palais des Papes sur la place des Papes
Nous terminons notre visite en explorant des petites rues médiévales qui aboutissent sur la Place de l’Horloge et nous parcourons ensuite sur la rue de la République, la plus commerciale de cette belle ville d’un autre temps.

samedi 14 septembre 2013

FRANCE - Les noix de Grenoble

 Jeudi 12 septembre

Après une nuit paisible à l’aire de camping-car de St-Jean-de-Maurienne et quelques achats de bons produits savoyards que nous avions hâte de retrouver (pâtés de foie, fromage Reblochon), nous prenons la route ce matin, mais en évitant l’autoroute…  Après avoir traversé Grenoble, nous empruntons la route où défilent des forêts de noyers sur des dizaines de kilomètres.  Nous sommes dans la région des Noix de Grenoble.

Noyers sur la route D1532

Nous choisissons de nous arrêter chez un producteur de noix et d’huile de noix du guide France Passion, le Domaine du pressoir à Rovon.  Françoise Ageron nous accueille très gentiment en nous invitant à une démonstration de leur production et à l’apéro à 18 h.  Nous sommes deux camping-cars installés sur un magnifique terrain gazonné entouré de noyers.

La maison du Domaine du pressoir
À 18 h, nous rencontrons Michel et Françoise qui nous offre une démonstration de leur production artisanale des noix de Grenoble et de l’huile de noix.  Comme ça n’existe pas au Québec, c’est très instructif pour nous.  Donc, voici quelques informations :
  • Il existe deux AOC (Appellation d’origine contrôlée) en France pour les noix, les Noix de Grenoble et les Noix du Périgord.
  • Les noix se récoltent à partir de la mi-septembre.  Selon la méthode traditionnelle, on utilise un grand bâton de bambou pour taper les branches du noyer et les noix alors tombées de l’arbre, sont récoltées à la main.  II existe aussi maintenant des méthodes plus mécanisées pour brasser l’arbre et récolter les noix.
  • La partie comestible à l’intérieur de la noix s’appelle le cerneau (ce que nous appelons noix de Grenoble au Québec).  Lors de la récolte, il est blanc et peut être consommé frais en enlevant la pelure.   On dit que la saveur et très douce et gustative.  Malheureusement, notre visite est une ou deux semaines trop tôt et les noix ne sont pas encore récoltées.
  • Une fois récoltées, selon la méthode traditionnelle, les noix sont séchées naturellement sur un séchoir, ce qui prend environ trois mois.  Elles peuvent être également séchées artificiellement dans des séchoirs à gaz qui soufflent de l’air chaud.
  • Elles sont ensuite triées selon leur gabarit.  Les plus belles noix sont utilisées pour la boulangerie et la pâtisserie et exportées partout dans le monde.  Les autres noix serviront à produire l’huile de noix.
  • Une fois les cerneaux chauffés légèrement (80°c), ils sont pressés mécaniquement pour en extraire l’huile.  On ne peut utiliser l’huile de noix pour frire mais elle est utilisée comme assaisonnement dans les salades et ou pour parfumer les pâtes, poissons et œufs aux plats.

Michel nous explique qu’il produit l’huile des noix récoltés de ses 40 noyers, mais aussi pour plusieurs clients européens qui lui apportent leur récolte.  Il fabrique également de l’huile de noisette.  Cependant, les noisettes ne proviennent pas de France mais de Turquie, qui serait selon Michel, le plus gros pays producteur de fruits secs au monde.

Michel dans son atelier de pressage d'huile
Après cette instructive démonstration, on nous invite à goûter l’huile et des produits dérivés, deux vins apéritifs dont un est fait avec des chatons de noyers (la fleur), de même qu’un whisky très goûteux.   Les autres camping-caristes proviennent de la Provence, donc les discussions s’orientent sur les produits  locaux de nos régions respectives : l’huile de noix, l’huile d’olive et le sirop d’érable. 

Françoise et Michel Ageron nous présentant leurs produits


13 septembre

Nous repartons vendredi matin après avoir acheté, bien sûr, de l’huile de noix et quelques autres produits.  Nous achetons également un casse-noix qui nous permettra de déguster des noix séchées de la nouvelle saison qui seront en vente en novembre et décembre prochain.


Nous nous rendons jusqu’à la Cave de Tain à Tain l’Hermitage afin de refaire provision de Côtes du Rhône pour notre cave personnelle, la soute du Bourlingueur.  Nous trouvons ensuite notre gîte pour les deux prochains jours, le Soleil Fruité à Châteauneuf-sur-Isère, très beau camping situé dans des vergers de pêches, abricots et oliviers avec une magnifique piscine chauffée couverte et entièrement vitrée qui nous offre une belle vue sur le verger et les montagnes environnantes.