vendredi 21 mars 2014

Il était une fois… Sintra

19 mars

Le Palais National de Sintra

Il était une fois une jeune et jolie princesse qui habitait le palais de son père le roi.  Ce grand palais était d’une blancheur immaculée et trônait dans le centre de la petite ville de Sintra.  
Palais primitif maure à l’origine, il devint propriété portugaise vers l’an 1147 et subit plusieurs transformations au fil du temps, ajout de plusieurs bâtiments dont deux immenses cheminées blanches de type « portugaises » qui permettent aux fumées de s’échapper des fours de la cuisine.  L’intérieur du palais, comptant de nombreuses pièces, présente de riches revêtements et des plafonds très bien décorés, souvent peints avec des animaux – il y a la salle des cygnes et la salle des pies – et la plus belle salle est celle des armoiries, une salle carrée qui comporte un plafond en coupole avec les blasons de 72 familles nobles portugaises et des azulejos sur les murs parmi les plus beaux du pays.



Salle des armoiries avec ses blasons au plafond et ses azulejos aux murs


Le Palais Pena

Un beau prince courtisa la jolie princesse et l’emmena vivre dans son palais de contes de fées dans les hauteurs de la Serra de Sintra.  
Construit sur l’emplacement d’une chapelle médiévale et d’un monastère du 14e siècle, le roi Ferdinand II le fît ériger au milieu du 19e siècle.  Immense, le palais est recouvert de carreaux de céramiques de couleur pastelles et comporte plusieurs tours, guérites et des terrasses qui offrent une vue spectaculaire sur les environs.  L’intérieur est entièrement meublé de l’époque et permet de comprendre la vie des rois et reines qui y ont séjournés pendant plusieurs siècles.  Le palais est entouré d’un parc enchanteur de 200 ha ceinturé d’un mur et comportant de nombreuses variétés de plantes et d’arbres ainsi que des étangs et fontaines.





Le Palais de Monserrate

La belle princesse vécut des jours heureux dans son palais mais son beau et valeureux prince alla à la guerre et n’en revint pas.   Heureusement, un beau et charmant sultan la courtisa et elle partit vivre jusqu’à la fin de sa vie dans son palais des contes des milles et une nuit.  
Ce petit palais fut construit au 18e siècle par un vice-roi des Indes dans le style néo-oriental.  La salle de musique et la bibliothèque sont particulièrement intéressantes mais c’est surtout les deux longs corridors qui partent du centre du palais qui impressionnent par leur revêtement tout en dentelle.  Les chambres sont situées à l’étage autour du foyer central.  Le palais est entouré de jardins à l’anglaise qui gagnèrent le prix des plus beaux jardins d’Europe en 2013.


 





Sintra et ses palais

Sintra est située à 29 km à l’ouest de Lisbonne et nous y sommes allés en train.  C’est une petite ville situé sur la pente nord de la Serra de Sintra et ce fut l’endroit privilégié par les souverains et l’élite aristocratique et bourgeoise portugaise pour y séjourner, notamment l’été car le climat y est toujours frais.   C’est un ensemble de jardins luxuriants et de palais de contes de fées qui s’étend de la ville et monte dans la montagne et qui a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.  Plusieurs palais et monastères peuvent être visités, nous avons optés pour trois des plus recommandés dans notre guide.  Nous y reviendrons probablement un jour car la beauté romantique de l’endroit est un coup de cœur !

La Camara Municipal (Hôtel de ville)



mardi 18 mars 2014

La découverte de Lisboa

16 au 18 mars

Les navigateurs portugais partirent de Lisbonne pour découvrir les Indes et les Amériques.  C’est à notre tour de découvrir la capitale du Portugal qui nous est complètement inconnue contrairement aux autres capitales européennes qui arborent des monuments très connus.  Nous sommes installés au camping municipal situé au nord du centre, dans le grand parc Monsanto.


La Baixa et le Parc des Nations

Nous prenons le bus dimanche matin pour le centre-ville.   Le préposé au camping nous a indiqué le numéro du bus et la destination, Praça Figuera, soit son terminus au centre.  Lorsque l’autobus arrive, elle indique « Calverio ».  Nous demandons donc au conducteur qui ne parle que portugais mais il nous fait signe d’entrer et que c’est ok.  On lui fait confiance et nous suivons le parcours sur le GPS.  On nous fait descendre à un arrêt en indiquant que c’est le terminus… mais nous ne sommes pas rendus au centre.  Finalement un gentil monsieur parlant anglais nous mentionne que c’est le marathon ce matin et qu’il faut continuer à pied car les rues sont fermées.  Nous marchons donc plus d’une heure avant d’arriver au centre-ville mais cela nous permet d’encourager les nombreux coureurs (plus de 30 000 !).

Nous arrivons enfin à la Praça do Comercio (place du commerce), immense place carrée offrant un accès au fleuve Tage et une magnifique vue sur le pont « du 25 avril » qui est une copie identique au « Golden Gate » de San Francisco.  Lisbonne a été construite à l’embouchure de ce grand fleuve qui traverse le Portugal d’est en ouest.  Nous sommes dans le centre pombalin la Baixa.  Cette partie de la ville, complètement dévastée par un gros séisme et un raz-de-marée en 1755, fut reconstruite au 18e siècle selon les plans du marquis de Pombal qui préconisa des rues en damier et des immeubles néo-classiques prévus pour résister aux tremblements de terre. Il fut le précurseur des constructions antisismiques.   La place du commerce a été construite à l’endroit où se dressait le palais royal, détruit par le séisme, et les lisboètes l’appellent l’esplanade du palais. 

Praça de Comercio


Avenue Augusta
Après avoir mangé notre sandwich sur le bord du fleuve, nous traversons l’arc de triomphe pour déboucher dans la belle rue piétonne Augusta que nous parcourons jusqu’à la Praça Figueira.  Lisbonne est une grande ville (3 millions d’habitants avec l’agglomération) et nous choisissons, comme à Séville, de prendre un abonnement de 48 heures aux bus touristiques.  Les Yellow Bus nous proposent quatre circuits différents et l’abonnement nous permettra également de circuler gratuitement dans les transports en commun de la ville.  Nous pourrons donc emprunter l’autobus qui passe près du camping pendant trois jours gratuitement.

Après avoir visité la place du Rossio, nous montons à bord du bus pour le premier circuit qui nous amène dans les quartiers modernes de l’est de la ville.  L’exposition universelle de 1998 a permis de rénover les bords du fleuve et l’ensemble architectural moderne est très réussi.  Le trajet nous amène ensuite vers le nord du centre et nous passons près des arènes, un élégant bâtiment en brique, très différent des arènes espagnoles.  De plus, on nous explique qu’il est interdit de tuer des taureaux au Portugal, les spectacles permettant de maîtriser les animaux mais pas de les tuer.   Le trajet se termine par les vieux quartiers Rato, Bairro Alto et Chiado, lieux de naissance du Fado, cette musique traditionnelle portugaise très mélancolique chantée par des femmes.

Immeubles modernes de la Place des Nations



Arènes de Lisboa

  
Belém

Lundi, nous visitons ce quartier situé à l’ouest du centre-ville, reconnu pour ses monuments.  Nous arrivons en premier lieu au monastère des Hiéronymites (moines de l’ordre de Saint-Jérôme) – pour une fois, son nom en portugais « Jeronimos »  est plus facile à prononcer et à retenir !  Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, c’est un édifice grandiose considéré comme la pièce maîtresse de l’art manuélin, appelé comme tel car c’est le roi Manuel qui le fit construire en 1502 pour glorifier les grandes découvertes.  L’édifice revêt avec richesse une profusion de moulures : motifs marins, cordages, plantes, têtes de nègres et de navigateurs, grappes, ananas etc.  Aujourd’hui, l’ancien monastère comprend l’Église Santa Maria et son cloître, le Musée de la Marine et le Musée de l’Archéologie.  Nous ne pouvons malheureusement entrer dans l’édifice, tous les musées étant fermés le lundi.




Nous nous dirigeons ensuite vers le Tage pour voir le Monument des découvertes, construit entre 1940 et 1960 pour commémorer le 500e anniversaire de la mort d’Henri le Navigateur.  Haut de 52 mètres, le monument représente l’immense proue d’un navire sur laquelle l’infante Henri ouvre la voie à une foule de personnages portugais célèbres.




En longeant le bord du fleuve, nous arrivons à la Tour de Belém.  Également inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, cette tour a été construite au milieu du Tage pour défendre son embouchure et le monastère des Jéronimos.  En raison du déplacement du cours du fleuve au moment du tremblement de terre de 1755, est elle maintenant situé tout près de la rive.  Elle est magnifique mais comme c’est lundi, nous ne pouvons qu’admirer son extérieur…



Après avoir fait le tour du quartier abord d’un Yellow mini-bus touristique et le deuxième grand circuit dans le bus touristique standard, nous terminons la visite du quartier Belém en longeant le palais national, résidence du président de la république, jusqu’à la Fabrica dos Pastéis de Belém, une institution à Lisbonne, où nous dégustons des petits flans portugais appelés « Pastéis de nata ».  Ce petit restaurant aux murs couverts d’Azulejos (scènes en céramique bleue) vend quotidiennement 10 000 de ces délicieuses pâtisseries dont la recette aurait été développée par les moines Jéronimos et qui est scrupuleusement gardée secrète.






Le Tramway, l’avenue de la Libération et quelques belles places

Mardi, nous débutons notre journée par l’ascenseur de Santa Justa, construite en 1901 par un ingénieur d’origine française et qui a été influencé par Gustave Eiffel.  Ensuite, nos dernières heures d’abonnement au Yellow Bus nous permettent de monter abord du fameux tramway de Lisbonne.  Datant du début du 20e siècle, ces tramways d’une autre époque sont encore en fonction.  Charmants à l’extérieur, une fois à l’intérieur c’est aussi une autre époque : les sièges sont étroits, inconfortables et le trajet est très lent ; on arrête très souvent, les autobus et autos partagent les mêmes rues.  Donc, après une demi-heure, nous en avons assez.

La crèche dans la verrière

Nous descendons du tramway à la Basilique Estrela, construite au 18e siècle à la demande de la reine Marie.  Une gentille dame nous propose une petite visite guidée et nous amène à l’arrière du tombeau de la reine Marie dans une petite pièce pour voir une très belle crèche contenant plus de 480 personnages.


  
Après avoir traversé le beau parc Estrela, nous aboutissons à la Praça du marquis de Pombal et nous descendons l’avenue de la Libération, les « champs Élysée » de Lisbonne où nous retrouvons les magasins de grands couturiers européens.  Nous terminons notre visite de Lisbonne par les belles places de la Restauradores, du Rossio et Figueira où la belle gare ferroviaire et de vieilles boutiques retiennent notre attention.   

Gare ferroviaire
La découverte de Lisbonne fut très agréable, la température était idéale et nous avons apprécié déambuler dans les dédales de petites rues où les vieux immeubles, restaurés ou non, côtoient des immeubles très moderne à l’architecture audacieuse.

Bel immeuble de la Banque Santander

samedi 15 mars 2014

PORTUGAL - Tavira, Evora et le printemps

12 au 15 mars

Tavira

Au départ de Séville mercredi, nous cheminons vers l’ouest une centaine de kilomètres et nous voilà rendus au Portugal.  Nous faisons halte pour la nuit à Tavira, petite ville en Algarve qui mérite un détour selon notre Guide Vert.  Quoique très modeste, l’aire de camping-car municipal nous offre tous les services d’un camping et nous permet de marcher jusqu’au centre.  Nous nous promenons donc dans la vieille ville sise sur le bord d’une belle rivière que traversent deux vieux ponts bas, nous montons jusqu’aux vestiges du château maure et nous arpentons les petites rues en admirant les maisons ornées de moucharabiehs (balcons maures en avant-corps avec un grillage), les toitures à pans retroussés et les cheminées typiques de l’Algarve.  Souvent, les murs extérieurs des maisons sont recouverts de tuiles céramiques aux motifs semblables à ceux qu’il y avait dans nos salles de bain dans les années 70.





Nous faisons halte au bureau de poste car il nous faut acheter un abonnement pour les autoroutes électroniques, au cas où il nous faudrait en emprunter.  C’est un système un peu compliqué, on nous vend une carte (10 euros) avec un code à gratter (mais rien à gagner !) et il faut envoyer un SMS pour activer la carte avec un message selon une séquence définie comprenant notre numéro d’immatriculation et le code.  Ensuite, nous devons recevoir une confirmation de l’activation. Comme notre téléphone ne fonctionne pas au Portugal, nous transmettons un SMS via SKYPE.  Nous avons malheureusement reçu un échec de l’envoi le lendemain matin, donc ça nous semble impossible d’activer notre carte car c’est la seule façon de faire selon les instructions.  Il faudra donc éviter les autoroutes électroniques. Nous évitons en général les autoroutes payantes mais selon notre carte routière, il faut parfois en emprunter et le pire, c’est qu’on ne sait pas si l’autoroute est à péages conventionnels ou électroniques…


Evora

Jeudi, nous partons pour Evora en évitant l’autoroute.  Nous quittons donc la côte sud du Portugal et remontons vers le nord en traversant une très belle campagne.  Nous nous installons au camping Orbitur situé à 2 km du centre d’Evora.  Notre visite de la ville se déroule vendredi sous une température parfaite, un peu frais à l’ombre et très confortable au soleil. 

Corsetée de remparts médiévaux et une des plus belles cités du Portugal comme le dit mon guide, Evora, est classée au Patrimoine mondiale de l’humanité par l’Unesco.  Nous avons fait le tour de la ville pendant plus de trois heures en visitant entre autres la cathédrale et son cloître, les vestiges d’un temple romain, l’aqueduc romain, l’université (ancien collège jésuite) et le parc municipal et son palais maure.  C’est vrai que c’est une très belle petite ville agréable à découvrir.

Intérieur de la cathédrale - beaucoup de marbre rose
Ruines du temple romain construit au 2e siècle
Aqueduc romain
Université d'Evora - ancien collège des jésuites
Palais maure du roi Manuel


Le printemps est arrivé !

Nous sommes milieu mars et on peut dire que le printemps est arrivé au sud du Portugal.  Les arbres sont feuillus pour la plupart, la campagne est verdoyante et les fleurs sauvages abondent.  Les oiseaux chantent tôt le matin et les grenouilles croassent le soir.  Ce que nous avons rencontré sur la route d’Évora et qui nous a fascinés, ce sont les nombreux nids de cigognes.  Comme nous n’avons pas de cigognes au Québec, nous sommes très curieux d’observer ces énormes oiseaux préparant leur nid en couple.  Il y en a beaucoup ici et ils construisent leur immense nid très haut et avec une vue en 360 degrés.  Ils sont donc perchés en haut des poteaux téléphoniques ou des pylônes électriques.  Il y avait même un couple sur un clocher d’église à Evora.  Quelques photos de ce beau printemps.