mercredi 2 avril 2014

Le Pays Basque

27 au 31 mars

Nous partons jeudi sous la grisaille et tant qu’à avoir du temps maussade, nous décidons de rouler une bonne partie de la journée… et après 650 km, nous nous retrouvons dans les Pyrénées atlantiques en Pays Basque.  Nous nous installons à Zarautz, SUR un camping (et non dans !) car il est situé sur le bord de l’Atlantique, sur le dessus d’une colline à 106 mètres d’altitude, nous offrant une magnifique vue sur l’océan et sur la petite ville au bas et sa jolie plage.
Le Grand Camping Zarautz - tout en haut où l'on voit des arbres !

L'escalier de 443 marches qui mène à la plage
Vendredi, nous partons à pied explorer les environs en empruntant le petit sentier qui descend de la colline vers la plage et Zarautz.  La vue est spectaculaire.  Zarautz, enchâssée entre les collines verdoyantes avec en toile de fond les Pyrénées, est sise sur le bord d’une belle plage de sable blond prisée par les surfers.  Nous repérons la gare ferroviaire (que nous utiliserons demain) et nous nous rendons jusqu’au supermarché pour quelques courses.  Nous empruntons le même sentier pour revenir et ses 443 marches (plus un bon bout en pente ascendante) en remontant vers le camping.  Les gens du coin doivent être très en forme, nous en avons même vu quelques-uns faisant de la course à pied dans ce sentier !

Zarautz vu du camping - très beau site entouré de collines avec les Pyrénées au loin (un golf en premier plan)


Donostia – San Sebastian

Samedi, nous prenons donc le train pour Saint Sébastian, la capitale de la province Guipüzcoa.  San Sébastian se nomme Donostia en euskera, la langue basque. Les Basques, qui, selon certains anthropologues, descendraient directement d’hommes de Cro-Magnon installées dans les Pyrénées depuis la préhistoire, est le dernier peuple européen à parler une langue non indo-européenne.  Les gens autour de nous parlent cette langue. En tout cas, heureusement que les affiches sont bilingues Eureskera / Espagnol (castillan) car cette langue, pleine de K, X et Z, est vraiment incompréhensible.  Après quatre mois passés dans la péninsule ibérique, nous nous débrouillons maintenant en castillan !  Le béret noir porté par plusieurs français est d’origine basque – plusieurs hommes le portent encore dans la région – de même que le jeu de pelote basque nommé aussi Jaialai.

Liberté au Pays Basque !
On dit de Donostia que c’est la plus élégante et la plus animée des stations balnéaires espagnoles.  Elle occupe un très beau site enclose entre deux collines.  Elle possède deux belles plages et en ce printemps, les baigneurs sont rares mais les surfers très présents.  Nous avons parcouru la promenade de la plage Onderrata, avons ensuite visité la vieille ville, sa place de la Constitution et l’église Santa Maria del Coro. Nous avons remarqué plusieurs banderoles réclamant l’indépendance du Pays Basque même si la région jouit aujourd’hui d’une très grande autonomie.


Place de la Constitution

L'Hôtel de ville


Palacio Mirama - ressemble en tous points  à une "Mansion" de Newport (Rhode Island USA)

Nous avons ensuite marché le long de la grande plage de la Concha jusqu’à une sculpture moderne réalisée en 1977 qu’on appela « Le peigne du vent ».  Les vagues frappent les rochers à cet endroit et près de la sculpture, des trous ont été aménagés dans la terrasse permettant au vent créé par les vagues de passer, créant à chaque vague importante un fort jet qui décoiffe… Denis a même perdu sa casquette !

Le Peigne du Vent

Évents qui décoiffent lors des grosses vagues
  
Biarritz

Belle petite plage au centre-ville
Après une journée de repos, nous prenons la route lundi matin pour la France.   En Espagne et au Portugal depuis le 2 décembre 2013, nous sommes bien heureux de retrouver nos cousins français ce 31 mars 2014.  Notre premier arrêt se fait dans l’aire de camping-car de Biarritz et nous prenons l’après-midi pour visiter cette petite ville de villégiature.  Nous sommes encore en Pays Basque mais ici, nous n’entendons parler que français, pas de Eureskera.  C’est une très belle station balnéaire, le bord de mer est impressionnant avec de belles criques et l’eau est d’une couleur d’un beau vert-turquoise.  Les tempêtes hivernales ont été dures ici, les vagues ont détruit plusieurs murs de protection et les vagues ont même fait irruption à l’intérieur du casino situé au fond d’une belle et large plage.

Le Casino - cet hiver, la mer y entra lors de deux grosses tempêtes
La côte de Biarritz et le golfe de Gascogne - on voit la côte espagnole du Pays Basque au loin


mercredi 26 mars 2014

ESPAGNE - Les caminos de Santiago de Compostela



24 au 26 mars

Lundi, nous quittons le Portugal et nous faisons route vers la Galice espagnole jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, la fameuse cité où convergent les chemins de Compostelle.  Nous arrivons mardi où nous nous installons dans le camping As Cancelas situé à 2 km à l’est de la vieille ville que nous visitons mercredi. 

Un peu d’histoire : selon la tradition, un ermite trouva, en l’an 813, la sépulture de Saint-Jacques-le-Majeur dont le corps aurait été ramené ici après son martyre à Jérusalem en 44 car il aurait prêché en Galice.  L’ermite fit alors élever une cathédrale et au moyen-âge, l’endroit devint un haut lieu de pèlerinage car à chaque année, un demi-million de pèlerins parcouraient les chemins pour venir se recueillir ici.  La coquille serait devenue le symbole du saint après qu’il s’en fut servi pour sauver de la noyade un seigneur chrétien (comment ???).  On dit aussi que les pèlerins ramenaient une coquille ramassée sur le bord de la mer pour prouver qu’ils avaient parcouru le chemin jusqu’à Santiago de Compostela.



Nous déambulons dans les petites rues médiévales jusqu’au monastère de Saint-Martin-Pinario, l’un des édifices historiques des plus importants de l’endroit.  Le retable principal est un des beaux que nous ayons vu, plein de sculptures, très doré et comportant de très belles stalles du chœur à l’arrière.  Nous visitons le musée et sommes notamment impressionnés par l’imprimerie qui expose des estampes du 19e siècle.

L'estampe
Le résultat imprimé



Nous nous rendons ensuite à la Praza do Obradoiro qu’on dit une des plus belles places du monde qui offrent un cadre majestueux aux rassemblements de pèlerins.  En ce début de printemps, nous ne voyons que deux marcheurs sur la place.  Nous entrons dans la vieille cathédrale et un office est en cours.  Il y a probablement d’autres marcheurs venus se recueillir après leur long parcours.


La vieille Cathédrale de Santiago de Compostela

La Praza do Obradoiro prise du parvis de la cathédrale

La cour intérieure d'un bâtiment de la vieille université


Notre journée se termine par un bon repas dans un petit café de la place.  Le serveur ne parlant ni anglais ni français, nous essayons de traduire le menu à l’aide de notre dictionnaire espagnol mais ça ne fonctionne pas non plus… on dirait que le menu est en gallego, la langue de la Galice qui se rapprocherait du Portugais.  Donc, nous choisissons au hasard dans le menu du jour et sommes agréablement surpris lorsque nos assiettes arrivent : du poisson pour Denis et des escalopes de porc pour Claudine. 


lundi 24 mars 2014

Le charme de (du) Porto

21 au 23 mars

Ça commence par des émotions !

Installés dans un camping dans Madalena, une banlieue sud de Porto, nous prenons le bus pour nous rendre au centre-ville.  Après deux ou trois arrêts et quelques virages, voilà que nous sommes dans un vieux quartier aux rues très étroites recouvertes de pavé.  Le conducteur, bien habitué à cet environnement, ne ralentit pas pour autant.  Il circule très vite, ça tourne dans tous les sens, nous sautons sur nos sièges, nous nous agrippons aux poignées, passons très près des murs, arrêtons soudainement pour les arrêts, tout ça à une vitesse vertigineuse !  Plus près de Porto dans Vila Nova Gaia, nous circulons dans un passage très tourmenté et à une seule voie entre les hauts entrepôts de porto ; le conducteur klaxonne avant les virages, mais ne ralentit pas et tout à coup, nous arrêtons soudainement car sommes face à autre bus qui doit reculer pour nous faire passer…  nous en avons pris des autobus depuis juillet, mais ce trajet là, c’est le plus fou !  On se dit qu’au Québec, les conducteurs feraient la grève s’ils avaient à circuler sur un tel trajet !  Nous avons fait ce parcours à quatre reprises et à chaque fois, c’était aussi époustouflant !


Le charme DE Porto

Azulejos dans la gare de train
Nous nous sommes promenés dans le vieux Porto pendant deux jours et avons adoré son charme un peu décadent.   Physiquement, ça ressemble un peu à Québec, installés dans un passage étroit du fleuve Douro et avec une basse ville et une haute ville.  Mais là s’arrête la comparaison.   Il y a des habitations partout aux toits de grès orange, avec de minuscules petites rues très pentues.   En plus de la cathédrale qui domine à la haute-ville, Il y a beaucoup d’églises et nous en avons visité quelques unes dont l’intérieur chaleureux et plein de dorure contrastait avec un extérieur vieillot.  

La gare ferroviaire nous a impressionnés par ses nombreux et grands azulejos (scènes de céramique bleue).



Place de la Ribeira
Le quai de la Ribeira est très animé et offre une belle vue sur le fleuve où nous retrouvons de nombreux « barcos rabelos », ces bateaux typiques qui transportait le porto des vignobles situés à 100 km en amont jusqu’aux chais (entrepôts) sur la rive sud pour le vieillissement.  Le transport du porto ne se fait plus par ce moyen mais ces beaux petits bateaux servent lors de régates.  Afin d’admirer le panorama spectaculaire de la ville, nous avons fait une petite croisière sur le fleuve Douro abord d’un des nombreux bateaux de touristes qui ressemblent aux « barcos rabelos ».




Afin de traverser le Douro, Porto possède six ponts dont trois vieux ponts d’acier qui sont comparés à des tours Eiffel à l’horizontale.  À deux reprises, nous avons traversé à pied le pont Luis I qui possède deux travées, une à la basse ville permettant aussi le passage des autos, et une autre à la haute-ville qui permet le passage du métro et qui offre une magnifique vue sur les deux rives. 




Dimanche matin, un marché aux oiseaux s’est tenu près du Musée d’histoire naturelle et nous avons aimé déambuler à travers les nombreux éleveurs qui proposaient leurs oiseaux de toutes races à des prix très bas.







Le charme DU porto

Les chais (caves-entrepôts) qui arborent le nom de leur marque de commerce au  dessus de leurs toits rouges occupent le quartier sud de l’autre côté du Douro dans la commune de Vila Nova Gaia.  Plus de 58 maisons y sont représentés.  C’est impressionnant de voir ces nombreuses caves toutes rassemblées au même endroit et de penser qu’elles sont toutes pleines de bon porto !

Au premier plan, chais dans lesquels vieillit le porto
  
Pour une visite d’une cave, notre choix s’est porté sur la maison Calem.  On nous a offert une visite guidée en français et ensuite une petite dégustation. Voici quelques informations retenues :
Ø Les vignes sont en terrasses et sont situées à 100 km en amont. Le climat froid l’hiver (-4৹C) et très chaud l’été (+40৹C) ainsi que le sol de schiste contribuent à l’élaboration de ce vin typique. Nous n’y sommes pas allés car c’est très accidenté, non recommandé en voiture, donc sûrement pas en camping-car. De plus, les vignes n’ont pas de feuilles présentement.  Donc, il faudra y revenir et les visiter en train ou en bateau.
Ø    Il existe du porto blanc et du porto rouge.  Tous les portos sont élaborés avec un mélange de plusieurs cépages.  Une quinzaine de cépages sont utilisés, autant pour le blanc que pour le rouge. 
Ø   Contrairement au vin, le moût fermente seulement 5 à 6 jours.  On y ajoute ensuite de l’eau de vie de raisin du Douro et on le fait vieillir dans des fûts de bois.  Le porto présente un taux d’alcool de 18 à 20 %.
Ø  Le porto blanc représente moins de 30% de la production.  Il se présente en trois catégories, sucré, semi-sucré et sec.  Il est excellent pour l’apéritif.
Ø    Le porto rouge comprend deux grandes catégories : le Ruby et le Tawny.  Le Ruby est vieilli quelques mois dans d’immenses fûts de bois et ensuite embouteillé.  C’est pourquoi il conserve une belle couleur rouge sang. 
Ø     Le Tawny vieillit dans de petits fûts pendant un très grand nombre d’années avant d’être embouteillé, ce qui lui confère une belle couleur ambré.  Le nombre d’années indiqué sur la bouteille est approximatif car des mélanges d’années sont effectués.  Il peut être conservé quelques mois une fois ouvert.
Ø    Le Tawny « vintage » est élaboré à partir du raisin d’une année exceptionnelle.  C’est le porto le plus dispendieux.
 
Samedi et dimanche, nous avons goûté des portos exceptionnels et n’avons pu résister (aucune comparaison avec ceux que nous avons au Québec).  Nous en avons acheté plusieurs et avons hâte de les déguster en compagnie d’amis européens et québécois.