dimanche 10 août 2014

L’Alsace : des beaux villages, des traditions et des cigognes

3 au 8 août

La route des vins

L'Hôtel de ville de Molsheim
Installés à Molsheim depuis jeudi dernier, nous sommes dans la partie nord de la route des vins d’Alsace qui longe les coteaux du massif des Vosges de Marlenheim au nord jusqu’à Thann au sud.  Donc, après avoir visité Strasbourg, nous profitons de l’endroit pour faire un peu de vélo samedi en empruntant une belle piste qui nous amène jusqu’à Marlenheim au nord.  Dimanche, nous nous proposons de pédaler vers le sud mais la pluie nous retient au camping.


Le vélo à travers les vignobles est très agréable


Lundi, c’est donc en Bourlingueur que nous prenons la route des vins jusqu’à Zellenberg où nous nous arrêtons chez Eblin Fuchs, un viticulteur qui nous a été chaudement recommandé par nos amis français Marie-Laure et Henri.  Monsieur Eblin nous retrace l’histoire de l’Alsace tout en nous faisant déguster quelques vins de sa production : du gewurztraminer (fruité et un peu sucré), du pinot gris (moins sucré) et du riesling (sec).   Nous goûtons aussi un rouge mais c’est le vin blanc qui fait la renommée de la région.  Monsieur Eblin nous explique que les gens commencent par apprécier le gewurztraminer mais finissent par préférer le riesling, le choix de la plupart des alsaciens.


Des villages colorés

Après notre séjour à Molsheim, c’est au camping municipal Le Médiéval de Turckheim que nous passons les trois jours suivants et finalement nous passons notre dernière nuit en Alsace à l’aire de camping-car de Kaysersberg.  Pendant toute la semaine, la route (en Bourlingueur et à vélo) nous mène d’un village à l’autre à travers les vignobles. Voici ceux que nous avons particulièrement appréciés :

Kaysersberg

Les vignerons de l’endroit auraient réussi à élever les meilleurs crus de la région.  La vue du pont fortifié est très jolie.






Riquewihr

Plus de 2 millions de visiteurs arpentent ses rues annuellement.  Le décor est magnifique mais il y a beaucoup de commerces pour touristes et trop de touristes, ce qui brise un peu l’atmosphère médiéval.




On passe à travers l'Hôtel de ville pour entrer dans le vieux village


Turckheim

Entourée de trois portes, la petite ville est charmante et décorée pour l’été de petits fanions qui lui donne une allure de fête.







Eguisheim

Élue « Plus beau village de France » en 2013, c’est le village que nous avons préféré.  Bâti en cercles concentriques autour d’un vieux château, les rues sont minuscules et les maisons très colorées, fleuries et bien conservées.






La place du château - le village s'est construit en tournant autour du château


Colmar

Mardi, le train nous amène à Colmar en une dizaine de minutes. C’est une petite ville de 67 000 habitants qui ressemble aux villages de sa région, en plus gros.  La Petite Venise est très jolie avec ses maisons bâties sur le bord d’un canal parcouru par des touristes dans de petites embarcations. 



Nous avons visité le musée d’Unterlinden et avons beaucoup apprécié le retable d’Issenheim, un ensemble de panneaux exécutés vers 1512 par Grünewald pour l’église du couvent des Antonins d‘Issenheim.  Les explications de l’audio-guide sur les nombreux symboles de l’œuvre nous ont fascinés. 







Le veilleur de nuit

À 22 heures mercredi soir, nous nous sommes rendus au centre du village de Turckheim pour accompagner le veilleur de nuit dans sa ronde.  Nous sommes une centaine de touristes à vivre cette expérience qui se déroule tous les soirs de mai à octobre.  

Le veilleur de nuit est une tradition du village de Turckheim qui remonte à 1540 et qui s’est poursuivie sans relâche jusqu’en 1939.  Comme les maisons sont construites en bois et qu’elles sont toutes collées les unes aux autres, le veilleur de nuit avait pour principal fonction de prévenir les incendies.  Sa ronde lui permettait également d’assurer la sécurité du village.  Trois veilleurs se partageaient le travail qui se déroulait tous les jours de l’année de 22 h à 4 h du matin.

Le veilleur marchait dans la rue longeant les fortifications et s’arrêtait à chaque rue transversale qui apparaissait sur sa droite, donc vers l’intérieur du village.  Il entamait alors une chanson qui rappelait aux habitants du village de ne pas oublier d’éteindre chandelles et foyers avant d’aller au lit.  Il devait posséder une voix puissante afin que tous entendent son message.

Depuis 1953, la tradition est revenue d’une façon folklorique et elle est maintenant assumée par trois bénévoles qui se relaient tous les soirs de mai à octobre.   Nous avons donc suivi le veilleur pendant 1 h 15 et appris quelques mots d’alsacien afin de terminer la chanson en sa compagnie (il a chanté 16 fois !). 



Les maisons à colombage

Pendant le parcours, ils nous a entre autre parlé des maisons à colombage.  Habitées par les vignerons, elles étaient divisées en trois parties : le vin était conservé dans la cave dans des barriques et les animaux habitaient le rez-de-chaussée, c’est pourquoi il y a des ouvertures d’aération à ces niveaux.  Les gens habitaient l’étage, où l’on voit les pans de bois et profitaient de la chaleur créée par les animaux pendant les mois de la saison froide. 

Notre coloré veilleur de nuit nous a également expliqué que les maisons avaient des porches par lesquels les vignerons entraient leurs tonneaux de vin… et plus le porche était haut, plus le vigneron était prospère car plus gros étaient ses tonneaux.  Aujourd’hui, pour montrer sa prospérité, le vigneron a troqué le Haut Porche par une Belle Porsche…



Les cigognes

L’Alsace accueille aussi un type d’habitants qui logent dans les hauteurs : les cigognes.  Ces oiseaux remarquables, présents partout, font partie des symboles de la région.  Des nids sont construits sur des plates-formes prévues à cette fin, mais surtout sur les clochers d’églises et autres tours et tourelles. Six cigognes nichaient tout près du camping de Turckheim et venaient faire leur tour pour réclamer de la bouffe auprès des campeurs, un peu à la manière des canards colvert… pas mal plus impressionnant vu la grosseur de l’oiseau !
  



Notre séjour en Alsace a été une belle découverte.  Le décor est idyllique, les villages ressemblent à ceux que nous voyons dans les films d’animation (Shreck, Blanche Neige) et pédaler dans les vignobles fut très agréable malgré la météo changeante. En plus, nous avons bien aimé nos deux repas de tarte flambée, met typique d’Alsace composée de pâte à pain (genre pizza), crème, oignons, lardons et de Munster, le fromage alsacien.



dimanche 3 août 2014

FRANCE – Strasbourg

31 juillet au 2 août


Jeudi, nous traversons le Rhin pour atteindre l’Alsace et Strasbourg.  Nous nous frappons le nez sur le camping municipal La Montagne Verte situé en plein centre (fermé pour rénovations pendant les vacances !) et nous filons 25 km vers le massif des Vosges jusqu’au camping municipal de Molsheim. 

C’est donc le train qui nous amène au centre de Strasbourg vendredi matin, la capitale de l’Europe où siègent le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. En descendant du train, la gare retient notre attention avec son immense bulle de verre construite sur la vieille gare ; le résultat est plutôt réussi.  





La Petite France

Nous nous dirigeons ensuite vers la Petite France, le secteur le plus touristique de la vieille ville avec ses maisons médiévales à pans de bois.  C’était autrefois le quartier des pêcheurs, des tanneurs et des meuniers. L’Ill (ill), la rivière qui serpente tout autour de la vieille ville, possède deux écluses dans ce secteur, empruntées par les bateaux-mouches.  Les maisons sont impeccables, très fleuries et l’ensemble est très joli (comme disent les français !). 




Après avoir marché le long de l’III (bizarre, ça fait comme iii en chiffres romains), nous atteignons la Place de la Cathédrale où nous admirons la maison Kammerzell, toute en bois, datant de 1589.
  




La Cathédrale

La Cathédrale Notre-Dame est très imposante. De style gothique, sa construction a débuté en 1015.  Cependant, nous n’avons pas de recul pour la photographier en entier de face ; c’est surprenant de voir des maisons construites si près d’un édifice aussi immense.  L’intérieur est aussi imposant et elle possède de nombreux et magnifiques vitraux. L’orgue est accroché au triforium (nouveau mot pour nous !). L’horloge astronomique est à l’intérieur de la cathédrale et pique la curiosité des nombreux touristes avec ses personnages qui défilent à tous les quarts d’heure.


L'intérieur est grandiose - on voit l'orgue à droite accrochée au triforium




La promenade en bateau

C’est ensuite en bateau-mouche sur l’III que nous terminons notre visite, avec un casque d’écoute qui nous permet d’en connaître plus sur Strasbourg. Le guide nous apprend notamment que les maisons à colombages sont facilement démontables pour être déménagées à tel point qu’elles sont considérées comme bien meuble (et non immeuble)... nous sommes un peu sceptiques…



Démontables et biens meubles ? ? ?
Cette promenade nous permet de voir entre autres le Palais Rohan, beau palais du 18e siècle transformé en musée, la belle église St-Paul, les locaux d’ARTE, un diffuseur télé franco-allemand que nous écoutons souvent, de même que les bâtiments modernes où siègent le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe et le Palais des Droits de l’Homme. 

Le Palais Rohan

L'Église Saint-Paul

Les édifices du Conseil de l'Europe

Nous avons grandement apprécié notre visite de Strasbourg.  C’est une ville moderne qui a très bien aménagé les rives de l’Ill, conservé ses vieux bâtiments, et aménagé de nombreuses rues réservées aux piétons. Elle est aussi reconnue notamment pour son beau tramway implanté de façon esthétique tout en protégeant l’environnement.



Notre journée se termine par un repas alsacien préparé par le camping.  Nous mangeons de la choucroute accompagnée d’une bonne bière… c’est un peu l’équivalent de notre bouilli québécois : du choux, de la viande (jambon, saucisse et ??) et des patates bouillies – c’est bon mais un peu lourd en plein été !




jeudi 31 juillet 2014

Des Alpes à la Forêt Noire

25 au 30 juillet

Fussen

Installés depuis jeudi à l’aire de camping-car de Fussen, nous visitons cette petite ville bavaroise vendredi sous un magnifique soleil.  Le sanctuaire paroissial de l’ancienne abbaye St-Magnus est intéressant avec son intérieur baroque bien décoré.  Nous montons ensuite voir les peintures en trompe l’œil des façades de la cour du Haut Château qui sont surprenantes car elles modifient grandement l’allure de l’édifice.


Belles maisons de Fussen avec le Haut Château en arrière-plan

Les décoration en peintures trompe l'oeil du Haut Château

Samedi, nous enfourchons nos vélos pour une petite randonnée jusqu’à Schwangau où nous pouvons admirer une belle église de campagne et le beau château Neuschwanstein dans la grisaille.  La pluie nous ramène à Fussen après une vingtaine de kilomètres.




La Route allemande des Alpes

Dimanche, nous partons sous la pluie vers l’ouest en empruntant la Route allemande des Alpes, appelée aussi la Route Romantique.  Cette route part de Berchtesgaden à l’est jusqu’à lac de Constance à l’ouest.  Fussen se trouve à mi-chemin et la route suit les contreforts des Alpes et la frontière Autrichienne.  Nous traversons de beaux villages mais malheureusement nous ne voyons pas les beaux panoramas et les hautes montagnes car c’est très brumeux.





Lindau

L'orgue de l'église St-Pierre
Nous arrivons en fin d’avant-midi à l’aire de camping-car de Lindau, petite ville située à l’est du Bodensee (le Lac de Constance).  Une vingtaine de minutes de marche nous amène à la vieille ville qui est située sur une île.  Nous apprécions l’intérieur de l’église St-Pierre et quelques belles maisons peintes.  Le port est très animé et un beau bateau à aubes fait son entrée au son de l’orchestre de jazz… on se croirait à la Nouvelle-Orléans !  Le lac de Constance, qui est le plus grand lac d’Allemagne et qui alimente le Rhin, est entouré par l’Allemagne au nord, par l’Autriche à l’est et par la Suisse au sud.  Encore là, la brume nous empêche de voir les Alpes qui bordent le lac au sud.





La Forêt Noire


Lundi, nous reprenons la route vers l’ouest.  Après avoir longé le lac de Constance, nous montons au nord-ouest et atteignons la Forêt Noire, grande région montagneuse boisée de conifères. Outre l’exploitation forestière, la région est connue pour son artisanat horloger (les coucous) et le fameux gâteau Forêt Noire.




Schiltach



Nous nous arrêtons dans la petite ville de Schiltach, nichée au confluent de deux rivières, la Schiltach et la Kinzig.  Elle possède de belles et nombreuses maisons traditionnelles à colombage du 16e siècle.






Freudenstadt

Nous nous installons au camping Langenwald et mardi matin, nous partons sous la pluie pour une randonnée de 4 km en forêt qui nous amène au centre de cette petite ville.  Entièrement détruite en 1945, la Marktplatz, la place centrale, a été reconstruite avec des immeubles à arcades qui nous permettent de circuler à sec même sous la pluie.  L’église protestante a été bâtie avec deux nefs et deux clochers qui se rejoignent pour faire le coin de la place, donc le cœur de l’église est lui aussi en coin. L’hôtel de ville occupe le coin opposé. Après avoir fait du lèche-vitrines tout autour de cette immense place, nous repartons vers le camping pour un autre 4 km de marche dans les beaux sentiers de la Forêt noire.


L'église en coin

Une petite partie de la place centrale


 Baden-Baden

Mercredi, c’est par les 60 km de la Route des Crêtes que nous atteignons la station thermale de Baden-Baden.  On nous dit que la route traverse la Forêt Noire à 1000 mètres d’altitude et qu’elle possède de nombreux arrêts pour admirer le panorama, mais nous sommes dans un brouillard épais et donc nous ne voyons que les sapins en bordure de la route.

Installés à l’aire de camping-car à 3 km du centre-ville, nous partons à pied sous la pluie pour découvrir une petite ville somme toute bien ordinaire.  Le guide Vert lui donne deux étoiles « Vaut le détour » mais nous sommes un peu déçus d’avoir fait le détour.  À part les abords de la rivière Oos qui sont bien aménagés le long d’un beau parc, le reste de la ville nous laisse un peu froids.  Même la buvette où est récoltée l’eau thermale, maintenant aménagée en centre d’information touristique, a sûrement connu des jours meilleurs.  Le vieux casino à côté a dû lui aussi connaître des époques plus fastes.   

Nous revenons au camping-car sous la pluie pour planifier notre séjour à Strasbourg, bien contents de revenir au pays de la langue de Molière demain.

La buvette de Baden-Baden


La rivière Oos