lundi 18 août 2014

La (le) Bourgogne

9 au 14 août

Au départ de Kasersberg vendredi, la route monte jusqu’au col du Bonhomme.  Nous nous arrêtons quelques instants au kiosque d’un campagnard très coloré pour acheter une délicieuse tarte aux myrtilles, un fruit sauvage qui ressemble à un petit bleuet.  Nous empruntons ensuite la Route des Crêtes et nous arrêtons une nouvelle fois pour une petite marche dans le sentier G5 qui nous offre une belle vue sur le massif des Vosges et l’Alsace au loin.

Notre journée se termine par une baignade dans le lac de Gerardmer en Lorraine où nous nous installons à l’aire de camping-car pour la nuit.


Beaune

Samedi, nous parcourons 265 km pour rejoindre la Bourgogne et nous nous installons au camping La Grappe d’Or à Meursault pour 5 nuits.  L’endroit est idyllique : nous sommes dans un vignoble en terrasses et avons une magnifique vue sur les vignes et le village de Meursault.



Nous mettons le blogue à jour dimanche et nous partons à vélo lundi matin pour rejoindre Beaune situé à une dizaine de kilomètres au nord.  La voie cyclable nous fait emprunter les petites routes à travers les vignes en passant par les villages de Volnay et de Pommard.

Tapisserie sur l'histoire de Marie

Arrivés à Beaune, nous garons nos vélos et c’est à pied que nous visitons cette prestigieuse cité du vin de 22 000 habitants.  Nous visitons en premier lieue la Collégiale Notre-Dame, vieille église datant de 1120.  Une belle série de tapisseries datant de 1474 et qui retracent l’histoire de la Vierge sont exposées dans le cœur.



La Collégiale Notre-Dame

L'Hôtel de ville de Beaune

L’Hôtel Dieu

Ensuite, nous visitons l’Hôtel-Dieu aussi appelé Les Hospices Civils de Beaune, fondé en 1445 par Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne, et Guigone de Salins, son épouse, pour soigner les gens pauvres.  Classé monument historique dès 1862, c’est un ensemble d’édifices d’une qualité remarquable pour l’époque, construits avec les plus nobles matériaux.  La cour intérieure nous permet de découvrir l’architecture burgondo-flamand des édifices aux toits vernissés et multicolores. 



  
L’intérieur, transformé en musée, nous présente des salles et des objets retraçant l’histoire de ce vieil hôpital et le soin des malades au Moyen Âge.  La grande salle des malades (où salle des pôvres), est spectaculaire avec ses vingt-quatre lits tous alignés le long des murs et parés de couvre-lits, ciels de lits et rideaux rouges, avec la chapelle au fond.  Les autres salles sont tout aussi intéressantes, particulièrement le laboratoire et la pharmacie où l’on découvre des poudres et substances servant à fabriquer les médicaments de l’époque.  L’audio-guide nous a appris qu’au moyen âge, la rivière passait dans la cour, ce qui permettait d’y jeter tous les déchets – autre temps, autres mœurs.  Elle passe également sous l’un des bâtiments et nous la voyons sous le plancher par une ouverture vitrée. 






Charité et soins se sont toujours poursuivis dans ses murs jusqu’en 1971 grâce à une communauté de religieuses soignantes mise en place dès sa fondation.  Les fondateurs avaient également mis en place une organisation de financement et des donations importantes ont constitué au fil du temps un remarquable domaine viticole dont la célèbre Vente des Vins permet, encore aujourd’hui, de financer les investissements de leur modernisation hospitalière (dans le nouvel hôpital) et l’entretien de leur patrimoine.  Nous avons grandement apprécié la visite de cet hôpital vieux de 600 ans.


D’autres villages et du Bourgogne

Mardi, c’est vers le sud que notre randonnée à vélo nous amène à travers les vignobles en collines et des villages aux noms connus par leurs vins : Mersault, Puligny-Montrachet, Sassagne-Montrachet et Santenay.

Le Château de Meursault



Mercredi, par un temps maussade, nous partons à pied pour le Domaine de Bernard Delagrange & Fils à Meursault.  Après une petite dégustation et la visite des caves du 15e siècle et les jardins du domaine, nous repartons le sac à dos et les bras chargés de ce bon vin de Bourgogne que nous n’hésiterons pas à déguster en bonne compagnie.




Jeudi, nous faisons route vers la Loire et nous nous arrêtons à Saint-Maurice-sur-Fessard, le temps de faire une petite visite imprévue à nos amis Marie-Laure et Henri pour déguster un bon vin d’Alsace et un bon vin de Bourgogne !



dimanche 10 août 2014

L’Alsace : des beaux villages, des traditions et des cigognes

3 au 8 août

La route des vins

L'Hôtel de ville de Molsheim
Installés à Molsheim depuis jeudi dernier, nous sommes dans la partie nord de la route des vins d’Alsace qui longe les coteaux du massif des Vosges de Marlenheim au nord jusqu’à Thann au sud.  Donc, après avoir visité Strasbourg, nous profitons de l’endroit pour faire un peu de vélo samedi en empruntant une belle piste qui nous amène jusqu’à Marlenheim au nord.  Dimanche, nous nous proposons de pédaler vers le sud mais la pluie nous retient au camping.


Le vélo à travers les vignobles est très agréable


Lundi, c’est donc en Bourlingueur que nous prenons la route des vins jusqu’à Zellenberg où nous nous arrêtons chez Eblin Fuchs, un viticulteur qui nous a été chaudement recommandé par nos amis français Marie-Laure et Henri.  Monsieur Eblin nous retrace l’histoire de l’Alsace tout en nous faisant déguster quelques vins de sa production : du gewurztraminer (fruité et un peu sucré), du pinot gris (moins sucré) et du riesling (sec).   Nous goûtons aussi un rouge mais c’est le vin blanc qui fait la renommée de la région.  Monsieur Eblin nous explique que les gens commencent par apprécier le gewurztraminer mais finissent par préférer le riesling, le choix de la plupart des alsaciens.


Des villages colorés

Après notre séjour à Molsheim, c’est au camping municipal Le Médiéval de Turckheim que nous passons les trois jours suivants et finalement nous passons notre dernière nuit en Alsace à l’aire de camping-car de Kaysersberg.  Pendant toute la semaine, la route (en Bourlingueur et à vélo) nous mène d’un village à l’autre à travers les vignobles. Voici ceux que nous avons particulièrement appréciés :

Kaysersberg

Les vignerons de l’endroit auraient réussi à élever les meilleurs crus de la région.  La vue du pont fortifié est très jolie.






Riquewihr

Plus de 2 millions de visiteurs arpentent ses rues annuellement.  Le décor est magnifique mais il y a beaucoup de commerces pour touristes et trop de touristes, ce qui brise un peu l’atmosphère médiéval.




On passe à travers l'Hôtel de ville pour entrer dans le vieux village


Turckheim

Entourée de trois portes, la petite ville est charmante et décorée pour l’été de petits fanions qui lui donne une allure de fête.







Eguisheim

Élue « Plus beau village de France » en 2013, c’est le village que nous avons préféré.  Bâti en cercles concentriques autour d’un vieux château, les rues sont minuscules et les maisons très colorées, fleuries et bien conservées.






La place du château - le village s'est construit en tournant autour du château


Colmar

Mardi, le train nous amène à Colmar en une dizaine de minutes. C’est une petite ville de 67 000 habitants qui ressemble aux villages de sa région, en plus gros.  La Petite Venise est très jolie avec ses maisons bâties sur le bord d’un canal parcouru par des touristes dans de petites embarcations. 



Nous avons visité le musée d’Unterlinden et avons beaucoup apprécié le retable d’Issenheim, un ensemble de panneaux exécutés vers 1512 par Grünewald pour l’église du couvent des Antonins d‘Issenheim.  Les explications de l’audio-guide sur les nombreux symboles de l’œuvre nous ont fascinés. 







Le veilleur de nuit

À 22 heures mercredi soir, nous nous sommes rendus au centre du village de Turckheim pour accompagner le veilleur de nuit dans sa ronde.  Nous sommes une centaine de touristes à vivre cette expérience qui se déroule tous les soirs de mai à octobre.  

Le veilleur de nuit est une tradition du village de Turckheim qui remonte à 1540 et qui s’est poursuivie sans relâche jusqu’en 1939.  Comme les maisons sont construites en bois et qu’elles sont toutes collées les unes aux autres, le veilleur de nuit avait pour principal fonction de prévenir les incendies.  Sa ronde lui permettait également d’assurer la sécurité du village.  Trois veilleurs se partageaient le travail qui se déroulait tous les jours de l’année de 22 h à 4 h du matin.

Le veilleur marchait dans la rue longeant les fortifications et s’arrêtait à chaque rue transversale qui apparaissait sur sa droite, donc vers l’intérieur du village.  Il entamait alors une chanson qui rappelait aux habitants du village de ne pas oublier d’éteindre chandelles et foyers avant d’aller au lit.  Il devait posséder une voix puissante afin que tous entendent son message.

Depuis 1953, la tradition est revenue d’une façon folklorique et elle est maintenant assumée par trois bénévoles qui se relaient tous les soirs de mai à octobre.   Nous avons donc suivi le veilleur pendant 1 h 15 et appris quelques mots d’alsacien afin de terminer la chanson en sa compagnie (il a chanté 16 fois !). 



Les maisons à colombage

Pendant le parcours, ils nous a entre autre parlé des maisons à colombage.  Habitées par les vignerons, elles étaient divisées en trois parties : le vin était conservé dans la cave dans des barriques et les animaux habitaient le rez-de-chaussée, c’est pourquoi il y a des ouvertures d’aération à ces niveaux.  Les gens habitaient l’étage, où l’on voit les pans de bois et profitaient de la chaleur créée par les animaux pendant les mois de la saison froide. 

Notre coloré veilleur de nuit nous a également expliqué que les maisons avaient des porches par lesquels les vignerons entraient leurs tonneaux de vin… et plus le porche était haut, plus le vigneron était prospère car plus gros étaient ses tonneaux.  Aujourd’hui, pour montrer sa prospérité, le vigneron a troqué le Haut Porche par une Belle Porsche…



Les cigognes

L’Alsace accueille aussi un type d’habitants qui logent dans les hauteurs : les cigognes.  Ces oiseaux remarquables, présents partout, font partie des symboles de la région.  Des nids sont construits sur des plates-formes prévues à cette fin, mais surtout sur les clochers d’églises et autres tours et tourelles. Six cigognes nichaient tout près du camping de Turckheim et venaient faire leur tour pour réclamer de la bouffe auprès des campeurs, un peu à la manière des canards colvert… pas mal plus impressionnant vu la grosseur de l’oiseau !
  



Notre séjour en Alsace a été une belle découverte.  Le décor est idyllique, les villages ressemblent à ceux que nous voyons dans les films d’animation (Shreck, Blanche Neige) et pédaler dans les vignobles fut très agréable malgré la météo changeante. En plus, nous avons bien aimé nos deux repas de tarte flambée, met typique d’Alsace composée de pâte à pain (genre pizza), crème, oignons, lardons et de Munster, le fromage alsacien.



dimanche 3 août 2014

FRANCE – Strasbourg

31 juillet au 2 août


Jeudi, nous traversons le Rhin pour atteindre l’Alsace et Strasbourg.  Nous nous frappons le nez sur le camping municipal La Montagne Verte situé en plein centre (fermé pour rénovations pendant les vacances !) et nous filons 25 km vers le massif des Vosges jusqu’au camping municipal de Molsheim. 

C’est donc le train qui nous amène au centre de Strasbourg vendredi matin, la capitale de l’Europe où siègent le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. En descendant du train, la gare retient notre attention avec son immense bulle de verre construite sur la vieille gare ; le résultat est plutôt réussi.  





La Petite France

Nous nous dirigeons ensuite vers la Petite France, le secteur le plus touristique de la vieille ville avec ses maisons médiévales à pans de bois.  C’était autrefois le quartier des pêcheurs, des tanneurs et des meuniers. L’Ill (ill), la rivière qui serpente tout autour de la vieille ville, possède deux écluses dans ce secteur, empruntées par les bateaux-mouches.  Les maisons sont impeccables, très fleuries et l’ensemble est très joli (comme disent les français !). 




Après avoir marché le long de l’III (bizarre, ça fait comme iii en chiffres romains), nous atteignons la Place de la Cathédrale où nous admirons la maison Kammerzell, toute en bois, datant de 1589.
  




La Cathédrale

La Cathédrale Notre-Dame est très imposante. De style gothique, sa construction a débuté en 1015.  Cependant, nous n’avons pas de recul pour la photographier en entier de face ; c’est surprenant de voir des maisons construites si près d’un édifice aussi immense.  L’intérieur est aussi imposant et elle possède de nombreux et magnifiques vitraux. L’orgue est accroché au triforium (nouveau mot pour nous !). L’horloge astronomique est à l’intérieur de la cathédrale et pique la curiosité des nombreux touristes avec ses personnages qui défilent à tous les quarts d’heure.


L'intérieur est grandiose - on voit l'orgue à droite accrochée au triforium




La promenade en bateau

C’est ensuite en bateau-mouche sur l’III que nous terminons notre visite, avec un casque d’écoute qui nous permet d’en connaître plus sur Strasbourg. Le guide nous apprend notamment que les maisons à colombages sont facilement démontables pour être déménagées à tel point qu’elles sont considérées comme bien meuble (et non immeuble)... nous sommes un peu sceptiques…



Démontables et biens meubles ? ? ?
Cette promenade nous permet de voir entre autres le Palais Rohan, beau palais du 18e siècle transformé en musée, la belle église St-Paul, les locaux d’ARTE, un diffuseur télé franco-allemand que nous écoutons souvent, de même que les bâtiments modernes où siègent le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe et le Palais des Droits de l’Homme. 

Le Palais Rohan

L'Église Saint-Paul

Les édifices du Conseil de l'Europe

Nous avons grandement apprécié notre visite de Strasbourg.  C’est une ville moderne qui a très bien aménagé les rives de l’Ill, conservé ses vieux bâtiments, et aménagé de nombreuses rues réservées aux piétons. Elle est aussi reconnue notamment pour son beau tramway implanté de façon esthétique tout en protégeant l’environnement.



Notre journée se termine par un repas alsacien préparé par le camping.  Nous mangeons de la choucroute accompagnée d’une bonne bière… c’est un peu l’équivalent de notre bouilli québécois : du choux, de la viande (jambon, saucisse et ??) et des patates bouillies – c’est bon mais un peu lourd en plein été !