vendredi 12 septembre 2014

La Bretagne – côte sud

2 au 10 septembre

Le sel de Guérande

Comme la température de septembre s’annonce très belle, nous mettons cap vers le nord-ouest mardi jusqu’à La Baule, une station balnéaire réputée comme ayant l’une des plus grandes plages de sable d’Europe.  Nous nous installons au camping Les Roseraies situé à 2 km du centre et nous profitons de la journée de mercredi pour mettre notre carnet de voyage à jour.

La porte St-Michel à Guérande
Jeudi, nous enfourchons nos vélos et notre randonnée nous mène à Guérande, reconnue pour ses salines.  C’est une belle ville médiévale entourée de remparts.  Après avoir fait le tour de la cité, nous reprenons la route vers les marais salants situés à quelques kilomètres vers la mer.  Nous pensions bien voir les sauniers à l’œuvre mais comme il a plut beaucoup en août, la récolte s’est terminée en juillet.  Nous avons quand même pu voir les salines qui datent de plus de 1000 ans et qui sont classées au Patrimoine mondial de l’Unesco.  Encore aujourd’hui, 7 000 œillets sont exploités et produisent en moyenne 10 000 tonnes de gros sel annuellement.


  
Les salines vues du ciel (photo d'une photo)


Après avoir traversé les marais salants, notre trajet nous ramena vers La Baule par une piste cyclable longeant l’Atlantique.  La côte déchiquetée des environs de Le Pouliguen avec de belles propriétés en bord de mer nous a fait penser aux environs de Newport Rhode Island aux USA.

Vendredi, c’est sur la plage de La Baule que nous passons la journée et samedi, nos profitons de la magnifique piscine du camping.

L'été en septembre devant la magnifique plage de La Baule


Vannes et le golfe du Morbihan

Dimanche, nous continuons notre trajet le long de la côte jusqu’à Vannes située à seulement 80 km de La Baule.  Nous nous installons au camping Conleau au sud de la ville et comme il fait un temps magnifique, nous nous dirigeons immédiatement en bord de mer.   La péninsule de Conleau est en fait une toute petite ile reliée à la rive par une chaussée permanente.  Des dizaines de voiliers sont ancrés en chapelet bien à l’abri des vents et on y a construit tout à côté une digue fermée pour en faire une immense piscine à l’eau salée avec fonds en sable.  Nous sommes emballés par l’endroit !  L’eau est bonne, claire et le décor est idyllique.

La piscine d'eau salée et le chapelet de voiliers au coucher du soleil

Vannes

Lundi, nous nous rendons dans le vieux Vannes à vélo.  Située au fonds du Golfe du Morbihan, c’est une ville charmante et très propre.  Les bâtiments sont blancs et mis en valeur par le ciel bleu.  Nous visitons les magnifiques jardins du château Hermine aux couleurs chaudes et le jardin des remparts qui entoure les vieux lavoirs coiffés d’une longue toiture.  Nous entrons ensuite dans la cathédrale St-Pierre datant du 13e siècle.  Pour terminer, nous ne manquons pas de déguster de délicieuses crêpes bretonnes.


Le jardin du Château Hermine

Les jardins des remparts

Les anciens lavoirs
L'entrée de la vieille ville de Vannes et le port

Mardi, nous montons à bord d’un bateau de Navix pour une croisière commentée de 3h30 à travers les 42 îles du golfe du Morbihan. Nous rencontrons de nombreux voiliers dont plusieurs écoles apprenant la voile aux enfants sur des petits voiliers Optimiste à la voilure colorée.  Le golfe est une mer intérieure fermée et notre tournée nous amène jusqu’à l’océan.  L’entrée du golfe est particulièrement impressionnante, les marins doivent y combattre le deuxième courant le plus difficile d’Europe créé par l’effet des marées dans le détroit.



Le fief d’Obélix : les alignements de Canarc

Mercredi matin, nous parcourons une vingtaine de kilomètres jusqu’à Carnac pour voir un site exceptionnel de 3000 menhirs datant de 6000 ans.  Nous nous attardons au Ménec où 1050 menhirs sont posés en 11 files sur une distance d’un kilomètre.  Deux autres sites semblables sont situés tout près.  Ces pierres dressées demeurent encore mystérieuses mais des spécialistes penchent pour des « marqueurs » de sites privilégiés voire sacralisés.   Nous pouvons voir des menhirs à plusieurs autres endroits dans la région…  c’est sans doute ici que vécurent Astérix, Obélix et tous ces gaulois que nous connaissons !



Photo d'une photo aérienne


Belle-Isle-en-mer : la déception

Nous nous dirigeons ensuite vers la péninsule de Quiberon où nous trouvons une grande et belle aire de camping-car avec vue sur la mer.  Nous partons immédiatement à pied vers le village Quiberon en utilisant le sentier des douaniers qui longue la côte escarpée. 



Notre but : connaître l’horaire des traversiers pour Belle-Isle-en-mer, la plus grande île bretonne reconnue pour sa beauté.  L’horaire nous convient parfaitement mais… pour la première fois depuis le début de notre voyage, le prix nous rebute… 52 euros par personne aller-retour à vélo pour une traversée de ¾ d’heure !  104 euros en tout ; nous avons payé le même prix pour traverser pendant plus d’une heure avec le camping-car du Danemark en Allemagne !  Nous avons fait une croisière commentée de 3h30 mardi pour 21 euros par personne !  Nous trouvons que c’est grandement exagéré et pour la première fois depuis 14 mois, nous décidons de renoncer…  Nous quitterons donc la côte sud de la Bretagne demain pour nous diriger vers la côte nord.

Vannes - une très belle ville française




mardi 2 septembre 2014

La Vendée et ses gentils vendéens

25 août au 1er septembre

Les Sables d’Olonne

Lundi, nous nous dirigeons vers le sud jusqu’au Château-d’Olonne et nous nous installons pour deux soirs au camping Les Fosses Rouges.  Nous profitons du reste de la journée pour mettre le blogue à jour et mardi, c’est à vélo que nous parcourons la piste qui longue l’Atlantique jusqu’aux Sables-d’Olonne.  Nous y étions venus à la fin avril avec nos amis Soizic et Raphaël sous un temps maussade.  Nous sommes donc heureux d’y revenir en été.   Nous avons déjà parlé de ce port de plaisance très connu d’où part la course Vendée Globe à tous les quatre ans… nous espérons avoir l’occasion de voir le départ ou l’arrivée lors de la prochaine course qui se déroulera en 2016.  La pluie (encore !) nous ramène assez rapidement au camping.



Mardi soir, nous sommes très heureux d’accueillir nos amis vendéens Soizic et Raphaël pour un bon repas bien arrosé dans le Mon Blanc Bourlingueur. 


L’Île de Noirmoutier et le passage du Gois

Noirmoutier en l'île et les marais salants 
Mercredi, nous longeons la côte Atlantique jusqu’à l‘Île de Noirmoutier et c’est le camping municipal Clair Matin de Noirmoutier en l’Île qui nous hébergera jusqu’à vendredi.  Située à 65 km au nord des Sables-d’Olonne, l’île est accessible par un pont à partir de Fromentine et s’étire vers le nord sur une vingtaine de kilomètres.  On y trouve des dunes au sud, une côte rocheuse au nord et des marais salants au centre de l’île d’où on récolte du sel.  Réputée pour l’élevage des huîtres et autres mollusques, nous y avons dégusté les meilleurs moules que nous ayons mangées et ce, préparées directement au camping par une cantine mobile !

Splendides fleurs sauvages sur l'île de Noirmoutier

 L’île est aussi connue pour son passage du Gois : une chaussée submersible longue de 4,5 km reliant l’île au continent.  Cette route n’est accessible qu’à marée basse et comme notre horaire ne nous permet pas de l’emprunter à l’aller ou au retour, nous nous rendons jeudi à vélo pour voir ce fameux passage très populaire car il permet aux pêcheurs de mollusques de se rendre très loin à marée basse.  Un panneau indicateur électronique indique les heures de marée et comme nous sommes à marée basse, il nous est possible de traverser.  Nous pédalons jusqu’au tiers du passage ; c’est bondé d’automobiles stationnées sur le sable le long du passage et de pêcheurs de mollusques… difficile de croire que dans quelques heures, tout cela sera submergé de quelques mètres d’eau !  Pour les téméraires ne pouvant rejoindre le rivage, des tourelles ont été érigées pour se réfugier le temps de la marée haute… on ne sait pas si c’est souvent utilisé mais on nous a dit que ces tourelles ont été construites à la suite de plusieurs noyades de gens pris au piège à la marée montante.


Le passage du Gois, long de 4,5 km, relie la côte à l'île de Noirmoutier



La Venise Verte

Soizic et Raphaël devant leur camping-car 
Vendredi, c’est notre weekend en camping-car avec nos amis Soizic et Raphaël.  Nous prenons la direction plein sud jusqu’à Coulon, une toute petite municipalité située dans le marais Poitevin qui s’étire sur 55 000 hectares le long de la Sèvre Niortaise au sud de Fontenay-le-Compte et qui se jette dans l’Atlantique à l’Anse de l’Aiguillon au nord de La Rochelle.  Nous nous installons à l’aire de camping-car municipale (un très beau terrain gazonné) et nous profitons de la journée ensoleillée (enfin !) pour visiter les environs en attendant l’arrivée de nos amis.


Le canal et les embarcations à louer à Coulon

Le Marais Poitevin est divisé en deux parties différentes, le Marais desséché qui compte très peu de végétation et le Marais mouillé qui lui couvre 15 000 hectares et qu’on appelle La Venise Verte.  C’est en fait une multitude de petits canaux construits à partir de 1607 par les moines des abbayes de la région sous les ordres de spécialistes hollandais engagés par Henry IV pour assécher le marais.




Nous louons une petite embarcation à rames pour 4 personnes samedi et c’est à l’huile de bras des hommes (Denis et Raphaël) que nous cheminons au travers les canaux entourés d’une végétation abondante.  On dit que la Venise Verte est un lieu de calme, de silence et de repos, pays enchanté où seul un bateau peut vous conduire.







En revenant vers La Roche-sur-Yon

Nous déplaçons ensuite les camping-cars jusqu’à l’aire de camping-car de Arçais, un petit village de la Venise Verte situé à une dizaine de kilomètres.  Encore là, l’aire est vaste et gazonnée et ressemble à un camping.  Dimanche, après la visite du village, nous nous rendons jusqu’à la pointe l’Aiguillon pour notre déjeuner (ou dîner pour les québécois !) où nous avons une très belle vue sur le pont et sur l’Île de Ré.  Nous visitons ensuite la station balnéaire La Tranche avec sa belle plage de sable qui accueille souvent les yonnais et yonnaises.

Notre weekend se termine par un délicieux repas au Bistro du Boucher à la Roche-sur-Yon…  tout fut succulent, particulièrement le dessert de Claudine et Denis : l’éclair aux fruits rouges.  Il faudra revenir !




On prépare notre rentrée

Nous dormons sur le petit parking près de la résidence de nos amis et lundi nous nous rendons à St-André-Goule-d’Oie visiter le bâtiment de ferme qui accueillera le Mon Blanc Bourlingueur à la fin septembre.  Maryse, la maman de Soizic, nous accueille ensuite pour un bon repas en compagnie de Gwendal, Tifaine, Soizic et Raphaël.  Nous nous disons tous Au Revoir car nous nous reverrons dans trois semaines pour le remisage du camping-car.





jeudi 28 août 2014

Les châteaux de la Loire – la suite

22 au 24 août

Vendredi, nous nous installons pour deux soirs au camping Le Moulin Fort à Chisseaux.  Ce qui est spécial à ce camping, c’est qu’on se croirait en Angleterre.  Propriété d’un couple de britanniques, la plupart des clients viennent de Grande Bretagne et il n’y a que très peu de clients français.  De plus, on parle anglais partout et souvent les documents et affiches sont en anglais. Mais ce sont des gens accueillants et leur petit camping est propre et très bien situé sur le bord du Cher, un affluent de la Loire, à moins d’un kilomètre du château de Chenonceau.


Chenonceau

Samedi, c’est la visite du fameux château de Chenonceau, un des plus connus des châteaux de la Loire car il est construit sur les eaux du Cher.  On dit de lui : Château de Dames et demeure de charme…  En effet, il fut la propriété de plusieurs femmes qui l’embellirent et le protégèrent des guerres.



Un peu d’histoire : construit au 16e siècle sur les ruines d’un château-fort et d’un  moulin fortifié, il devint la propriété du roi Henri II qui en fait don en 1547 à sa favorite Diane de Poitiers.  Diane crée de spectaculaires jardins et fait construire un pont sur le Cher. À la mort du roi, sa veuve, Catherine de Médicis, reprend le château, embellit encore les jardins et fait construire une galerie sur le pont, ce qui dotera le château d’une architecture unique au monde. Trois autres châtelaines se succédèrent et, lors de la première guerre mondiale, le château devint propriété de la famille Menier des chocolats du même nom (aussi  propriétaires de l’île d’Anticosti au Québec).  Simone Menier transforma les deux galeries en hôpital et 2254 blessés y furent soignés.  Plus tard, lors de la seconde guerre mondiale, le Cher matérialisait la ligne de démarcation.  L’entrée du château se trouvait ainsi en zone occupée mais la Résistance fit passer de nombreuses personnes en zone libre par la galerie du château.

Outre un immense parc, le château est entouré de magnifiques jardins à la française appelés Jardin de Diane de Poitiers et Jardin de Catherine de Médicis.  Des bâtiments d’une ferme du XVIe siècle et un potager de fleurs complètent l’ensemble extérieur.


Le jardin Diane de Poitiers

Le jardin Catherine de Médicis

Les pièces intérieures du château sont entièrement meublées et décorées de magnifiques bouquets de fleurs coupées.  Nous y retrouvons les chambres des célèbres propriétaires, de même qu’une chapelle, des salons et d’autres pièces.  La galerie qui traverse le Cher et où l’on y organisait des bals est particulièrement intéressante, toute blanche et très bien éclairée, le plancher est carrelé blanc et noir.  Les cuisines sont installées dans les énormes soubassements que forment les deux premières piles (piliers) assises dans le lit du Cher.  Un pont entre les deux piles permettait l’approvisionnement aux cuisines directement à partir de la rivière.







Villandry

Dimanche, nous nous stationnons à l’aire de camping-car de Villandry pour quelques heures afin de visiter les jardins du château de Villandry.  Construit vers 1536, ce château est le dernier des grands châteaux bâtis sur les bords de la Loire à la Renaissance.  La famille Carvallo en est le propriétaire depuis 1906.



Nous choisissons de ne visiter que les jardins.  Notre visite débute par l’accession au Belvédère qui nous offre une vue plongeante sur ces magnifiques jardins. On compte cinq jardins différents aménagés par Joachim Carvallo au début du 20e siècle à partir de sondages archéologiques et d’une source littéraire du 16e siècle sur les jardins en France.





Le jardin d’ornement

À voir depuis le belvédère, on peut voir quatre carrés faits hauts buis aux formes différentes qui constituent les quatre thèmes du jardin : l’amour tendre, l’amour passionné, l’amour volage et l’amour tragique.
  






Le jardin d’eau
Avec en son centre un petit lac d’où part l’eau qui alimente les autres jardins.  Entouré d’un cloître de tilleuls, c’est un endroit paisible et reposant.




Le jardin du soleil
Composé de vivaces, rosiers, arbustes et graminées, il est constitué de deux parties, l’une dans les tons de blanc et mauve, et l’autre dans les tons de jaune et orange.



Le jardin des simples
Tout en longueur, il représente le jardin traditionnel du Moyen  Âge et est consacré aux herbes aromatiques, condimentaires et médicinales.



Le potager décoratif
Entouré sur trois côtés d’un corridor de vignes courant sur un treillis, c’est le plus spectaculaire des jardins du château.  Il est composé de neuf carrés de taille identique mais à l’intérieur desquels les motifs géométriques sont différents.  Des légumes de couleurs différentes sont plantés à l’intérieur de petites haies de buis, formant quatre formes géométriques semblables dans chacun des neuf carrés.






Asay-le-Rideau

Nous nous rendons ensuite à l’aire de camping-car de Asay-le-Rideau pour notre dernière visite des châteaux de la Loire.  Propriété de l’état depuis 1905, le château fut construit en 1510 par Gilles Berthelot, notaire secrétaire du roi François 1er. 

L’entrée principale du domaine est située directement dans le village. L’architecture du château, au goût italien fait penser aux châteaux des comptes de fées.  Notre visite de l’intérieur débute par le grand comble d’où nous pouvons voir la charpente.  Nous visitons ensuite les espaces nobles constitués de grandes pièces dénudées ou presque.  Les murs de la chambre Renaissance ont été recouverts de paille tressée comme on le faisait à l’époque pour conserver la chaleur et limiter l’humidité. 



Petite anecdote : le guide nous apprend que le châtelain avait pour obligation de nourrir et de loger le roi.  Donc le roi visitait son royaume en se déplaçant d’un château à l’autre, tout à fait gratuitement.  Il ne restait le plus souvent qu’une quinzaine de jours car une foule de 10 000 personnes (!) se déplaçait avec le roi.  Donc en arrivant dans un village de moins de 1 000 habitants, on peut comprendre qu’il ne restait plus rien à manger dans le village après deux semaines ! – on comprend que tout cela ait mené à une révolution !



Le parc entourant le château présente de beaux arbres mais l’ensemble (parc et château) manque un peu d’entretien.  Nous avons constaté une nette différence entre les châteaux privés et ceux appartenant à l’état, les premiers étant meublés et plus rénovés.



Il existe plusieurs dizaines de château dans la Loire.  Nous avons dû faire un choix parmi les plus reconnus.  Nous aurons sûrement l’occasion d’en visiter quelques autres lors d’un prochain passage dans la région.  Notre prochaine destination : La Vendée et les amis Soizic et Raphaël !