jeudi 15 août 2013

Le Praz-de-Lys


12 août – Le Chalet des Bons Fromages à Le Praz-de-Lys

Après une journée de repos au camping Mer de Glace de Chamonix, nous reprenons la route aujourd’hui en nous dirigeant vers le nord.  Nous choisissons de profiter à nouveau de notre abonnement à France Passion en dormant chez une famille du réseau.  Notre choix s’arrête chez Noël Depoisier, producteur de fromages de vache et chèvre située dans une ferme auberge d’alpage.   Nous empruntons la petite route du Col de la Ramaz et trouvons facilement la ferme.  Madame Depoisier nous accueille gentiment, entourée de cinq chiens ! Un autre camping-car est déjà sur place et nous faisons la connaissance de Soizic et Raphaël, des français qui demeurent à La Roche-S-Yon en Vendée, pas très loin de Nantes.  L’endroit est situé dans des prés très haut en montagne et nous avons une vue magnifique sur les Alpes et le mont Blanc.  Nos voisins nous mentionnent qu’ils ont soupé à l’auberge hier et que c’est très typique.   À ce moment, un groupe de chèvres de montagnes, avec leurs cloches accrochées au cou, passent juste devant nous.


Nous rencontrons madame Depoisier et lui demandons d’acheter du fromage.  Elle nous dit « tantôt, il faut que j’aille chercher mes vaches » et elle part en « quatre roues » – appelée la Papemobile – avec ses cinq chiens.  Elle revient plus tard au son de son troupeau de 70 vaches, toutes parties brouter plus haut dans la montagne.  Il y en a de toutes variétés, donc de toutes les couleurs et aussi plusieurs veaux.  Les cinq chiens de berger sont au travail et aide à ramener le troupeau.  Nous sommes émerveillés de voir ces belles vaches descendre des coteaux et passer un peu partout, au travers de quelques automobiles stationnés sur le petit chemin.   Elles s’arrêtent tout près de notre emplacement et nous vivrons au son de leurs cloches jusqu’à leur départ pour retourner dans ces pâturages demain matin.   


Nous allons ensuite dans le bâtiment de production des fromages et nous avons un choc en entrant… nous aimons les fromages forts mais là, l’odeur est vraiment forte !  Madame Depoisier nous fait goûter à la Tome, au Beaufort et au Gruyère.  Notre choix se porte sur le Gruyère et elle nous en coupe une « petite » tranche de la grosse meule (un GROS morceau selon nous).  Nous achetons aussi une meule de fromage de chèvre et le tout nous coûte seulement 10 euros.  Vraiment pas cher pour cette quantité de fromage.  Nous décidons alors de continuer l’expérience en dînant (soupant) à l’auberge.  Elle nous dit donc « à 8 hres ».

Après une petite marche dans les environs et un apéro avec nos nouveaux amis français, il est l’heure du repas.  Nous mangeons à l’intérieur de l’auberge, qui est très rustique, car dans ces hauteurs les soirées sont fraîches.  C’est très chaleureux, des nappes à carreaux rouge et blanc et des tentures tissées représentant des vaches.   Nous prenons le menu typique de la région : de la matouille…  c’est du fromage Tome fondu avec vin banc et ail que nous versons sur des pommes de terre bouillies entières que nous avons préalablement épluchées.  Il y a une assiette de charcuterie servi avec le tout et agrémenté d’un vin au pichet très respectable.  C’est délicieux… mais beaucoup trop bourratif pour nos petits estomacs de citadins.  
Ensuite on nous apporte des bols vides et nous préparons notre dessert avec les ingrédients qu’on nous apporte ensuite : de la faisselle (fromage frais, genre de riccota), de la confiture de pruneaux, de la crème fraîche et de la Poire William.  Délicieux mais encore là, riche et sucré…  Madame Depoisier nous explique qu’ils ont une ferme à Taninges, au bas du Col de la Ramaz.  En juin, ils font la transhumance, c’est-à-dire qu’ils amènent le troupeau ici dans la montagne pour l’été.  Ils invitent les gens à participer à l’activité, qui dure 3 à 4 heures sur 15 kilomètres et ensuite c’est la fête pour le repas du midi.  Nous regardons le cahier de photos de la transhumance des deux dernières années.  Elle nous mentionne aussi qu’il y a de belles randonnées dans le coin.  Soizic et Raphaël viennent nous rejoindre et nous terminons la soirée par d’intéressantes discussions sur la France et le Québec. 


13 août – Le Praz-de-Lys

Nous nous réveillons au son des cloches à vache et nous sommes accueillis par les chiens de berger venus réclamer une petite caresse ainsi qu’une chèvre qui adore se frotter au camping-car et vient nous voir dans l’ouverture de la porte.  Après le petit-déjeuner, nous partons pour une randonnée pédestre.  Nous montons jusqu’à un lac de haute montagne et y rencontrons plusieurs randonneurs ainsi que le troupeau de vaches des Depoisier.  Après avoir fait le tour du lac, nous redescendons pour prendre le repas du midi avec nos nouveaux amis français.


En après-midi, nous redescendons le Col de la Ramaz sur un ou deux kilomètres et nous arrêtons à l’Aire de camping-car de Sommand/Le Praz-de-Lys pour y dormir.  Encore une fois, le site est très propre, offre une belle vue sur les montagnes et comprend plusieurs bornes pour l’électricité.  Nous pouvons nous brancher pour 12 heures pour 6 euros.


14 août – Vers Evian-les-Bains

Nous reprenons la route aujourd’hui et Denis a fait une petite liste de courses pour le Bourlingueur.  Finalement, la petite liste est assez longue et nous prend presque toute la journée.   Nous avons passé par la ville d’Annemasse, située sur la frontière avec la Suisse et tout près de Genève.  À l’Office du Tourisme, on nous indique qu’il n’y a que deux campings dans le coin et le transport en commun vers Genève nous semble difficile.  Nous décidons de remettre notre visite de Genève à plus tard, lorsque nous serons du côté nord du Lac Léman et nous nous arrêtons au camping les Huttins de Amphion-les-Bains, situé entre Thonon-les-Bains et Évian-les-Bains.   Nous y resterons donc trois soirs pour visiter les environs.


dimanche 11 août 2013

Chamonix

8 au 10 août


8 août – Chamonix

Aujourd’hui, c’est l’exploration des lieux.  Il y a un service d’autobus gratuit  pour les touristes (le Chamonix Bus), à dix minutes de marche du camping, qui nous amène au centre de Chamonix et dans les villages environnants.  Nous nous rendons donc à l’arrêt mais comme il y a un horaire précis et 45 minutes d’attente, nous décidons de marcher en suivant les arrêts.  Finalement, après 35 minutes, nous sommes arrivés au centre de Chamonix, avant l’autobus ! Après un arrêt à l’Office du tourisme pour les cartes et informations et une tournée du village, nous visitons, à l’Espace Tairraz, le centre d’interprétation sur l’Alpinisme.  Chamonix, 9 400 habitants, c’est la « Mecque » de l’alpinisme français.  Plusieurs objets et films relatent l’histoire des hommes qui ont bravé les difficultés avec des équipements biens différents des techniques d’aujourd’hui. Les équipements modernes y sont également exposés. Nous nous attardons à l’exposition du photographe de montagne Pascal Tournaire, nous montrant de magnifiques photos des panoramas et grimpeurs d’aujourd’hui.  L’Espace Tairraz présente aussi le Musée des cristaux qui expose des cristaux de partout mais particulièrement du massif du Mont-Blanc, dont les quartz fumés et les fluorines roses.  C’est une très belle exposition riche en couleurs et formes.

Nous terminons notre journée au centre de Chamonix par l’épicerie et prenons le Bus pour retourner au camping.  Nous logeons au camping Mer de Glace, très bien aménagé, pour 28 euros par jour incluant l’électricité.  Particularité de l’endroit, tous les services sanitaires sont mixtes, mais en général ouverts sur l’extérieur (et bien sûr un coin urinoirs pour les messieurs).   Nous sommes entourés de montagnes et de glaciers mais il pleut depuis notre arrivée et c’est très brumeux.  La rivière l’Arveyron qui coule à proximité est déchaînée !  La météo devrait s’améliorer dans les prochains jours et nous avons bien hâte de voir le panorama.


9 août – Camping Mer de glace

Comme le ciel n’est pas dégagé encore aujourd’hui et qu’il pleut de temps à autre, nous demeurons au camping pour mettre nos données à jour, faire la lessive et se reposer en prévision de la grosse journée qui s’annonce demain.  Si le ciel le permet, nous prendrons le téléphérique pour l’Aiguille du midi, activité de loin la plus populaire de Chamonix.  L’agente à l’Office du tourisme nous a recommandé de nous présenter au départ avant 9 heures pour éviter l’affluence.  Elle nous a également suggéré de jumeler l’activité avec une marche en montagne, nous préparons donc nos sacs à dos avec vêtements chauds.


10 août – Mont Blanc (Aiguille du Midi), Vallée blanche et Mer de glace

6 h 15 – Lever tôt ce matin pour cette journée qui devrait être une mémorable en émotion et en énergie dépensée.  Après le petit déjeuner et la préparation des sandwichs, nous sommes prêts !  Il fait un ciel bleu sans nuage, mais seulement 10 degrés.  Nous revêtons donc immédiatement nos « doudounes » et prenons la route pour la minuscule gare ferroviaire.

7 h 54 – En plus de prendre l’autobus pour nous diriger rapidement vers Chamonix, nous avons la possibilité de prendre gratuitement le train Mont Blanc Express qui dessert les villages aux alentours.  Nous montons donc abord du train à l’heure précise pour descendre, cinq minutes plus tard, au premier arrêt suivant, au centre de Chamonix.

8 h 12 – Arrivée au départ de l’Aiguille du midi… nous pensions être tôt afin d’éviter l’affluence… et bien, l’agente a dû recommander d’arriver tôt à bien des touristes car il y a des centaines de gens déjà sur les lieux, touristes, marcheurs et alpinistes.  Dans la file d’attente (notre première, mais pas la dernière…), une guide de la Compagnie des Guides de Chamonix répond à toutes nos questions.

9 h 15 – Nous montons enfin dans notre premier téléphérique de la journée qui contient 66 personnes (debout). Chamonix est à 1 037 mètres d’altitude.  Le premier jet nous amène au Plan de l’Aiguille, en 8 minutes, à 2 203 mètres.  C’est très rapide, nous montons suspendus dans le vide à la vitesse d’un ascenseur, ou presque…  Nous avons une vue extraordinaire sur la vallée et tous les villages.  À cette altitude, il n’y a plus d’arbres, le sol est couvert d’herbe et de plantes alpines. 



10 h 03 – Nous prenons ensuite le deuxième téléphérique, identique au premier mais qui nous amène vers la neige et dont la montée est encore plus vertigineuse.  Nous sommes presque à la verticale !  En descendant du téléphérique, c’est le froid qui nous surprend.  Nous sommes à 3 770 mètres, il fait sous zéro !  Ici, ce n’est que neige et pics rocheux mais la vue est splendide !   Après quelques photos, nous nous dirigeons rapidement vers notre prochaine destination.

10 h 52 – Après plusieurs minutes d’attente (aujourd’hui, nous faisons très souvent la file d’attente…), nous montons abord du Panoramique Mont Blanc.  C’est une petite télécabine pour 4 personnes, semblables à celles du mont Sainte-Anne à Québec, mais regroupées dans un ensemble de trois télécabines.  Un père et sa fille, sont assis en face de nous.  Ils sont russes, ne parlent pas anglais ni français, donc la conversation se réduit à des sourires.  Nous sommes assis confortablement pour un voyage aller-retour d'une heure (non-stop) vers la Pointe Helbronner en Italie. Le dénivelé total de ce téléphérique est de moins de 300 mètres, donc, nous survolons presque horizontalement la Vallée Blanche, mer de neige qui se transforme en glaciers plus bas, avec le mont Blanc qui se pointe tout à côté, 1 000 mètres plus haut.  Il n’y a que deux ou trois pylônes accrochés au flan d’un pic central.  Les câbles sont d’une longueur difficile à évaluer, mais sûrement de plusieurs kilomètres entre les pylônes.  Nous voyons en bas le camp de base des alpinistes du mont Blanc ainsi que de nombreux alpinistes, en petits groupes avec guides, qui marchent dans ce désert de neiges, en évitant les nombreuses crevasses crées par la descente des glaciers, ces rivières de glace qui partent d’ici.  Le panorama est unique et grandiose, les alpinistes que nous voyons tout en bas sont minuscules, comme des fourmis.  C’est tellement immense que nous ne pouvons évaluer les distances et perdons toute échelle de référence.
 
On voit deux alpinistes à gauche au bas... les trouvez-vous ?

11 h 58 – Nous sommes de retour à l’Aiguille du midi.  Nous visitons le site qui comprend de nombreuses terrasses qui offrent un panorama dans toutes les directions.  Nous observons des alpinistes accrochés aux flans des rochers et d’autres qui arrivent de leur périple par une crête qui se termine sous une galerie de neige où nous pouvons accéder.  Nous faisons ensuite une autre file d’attente (encore !) pour prendre un ascenseur qui nous amène au plus haut de notre journée, 3 842 mètres (12 605 pieds).  Nous avons une vue panoramique de 360 degrés sur les principaux sommets de plus de 4 000 mètres suisses et italiens. dont les monts Rose et le Cervin. La température est très agréable du côté sud, au soleil et à l’abri du vent, mais glaciale du côté nord.  Le thermomètre indique zéro degré. 




12 h 20 – Après avoir attendu et redescendu au niveau des terrasses et de la passerelle centrale, nous nous dirigeons vers le piton nord par lequel nous sommes arrivés et grimpons plusieurs escaliers pour atteindre des terrasses au soleil et à l’abri du vent… et nous constatons, en grimpant ces escaliers, que nous sommes en haute montagne.  Malgré notre forme probablement un peu au dessus de la moyenne pour notre âge, nous avons peine à monter et nous sommes contraints de nous arrêter fréquemment.  La rareté de l’oxygène fait ses effets.   Nous nous installons à l’abri du vent, face au soleil, pour le dîner. 

13 h 08 – Nous reprenons le téléphérique pour la première descente.  La température à l’arrivée au Plan de l’Aiguille est beaucoup plus clémente. Nous rangeons nos vêtements de montagne et préparons nos bâtons de marche, et c’est le départ pour une randonnée pédestre d’environ 2h30 à 3 h.  Très populaire, elle comprend 410 mètres de dénivelé (vers le bas) et nous amène à la Mer de Glace sise à 1 913 mètres l’altitude.  C’est un sentier classé « moyen », donc pas très difficile sauf à quelques passages.  Notre descente s’est très bien déroulée, même pour Claudine qui aime bien mieux monter, le tout est réalisé en 2h40.
  


16 h 40 – Nous arrivons à Montenvers Mer de Glace.  C’est le point d’arrivée d’un train à crémaillère.  Il y a un vieil hôtel et une terrasse qui offrent une vue sur le glacier qui part de la Vallée Blanche que nous avons survolé ce matin et qui serpente au travers des montagnes.  On y retrouve aussi un musée sur la glaciation et un autre sur les cristaux sis dans une galerie creusée dans la montagne.

Le glacier Mer de Glace



17 h 03 – Après un peu de repos, nous nous dirigeons vers une télécabine (encore !) qui nous permet de descendre vers le glacier.  En descendant de la télécabine, nous ne sommes pas rendus !  Il y a 430 marches pour descendre sur le glacier.  Mais ça vaut vraiment la peine.  Même si à ce niveau nous ne voyons plus de neige sur le glacier mais seulement de la moraine, il est bien là !  Des immenses grottes sont taillées annuellement.  Nous voyons celles des années précédentes mais comme le glacier bouge, une nouvelle grotte est creusée chaque année. Nous entrons donc l’intérieur du glacier.  Nous pensions entrer dans un petit trou, mais non, c’est immense, d’une longueur d’environ 150 mètres. Nous y trouvons même quelques sculptures taillées à même cette glace d’un bleu azur profond et un photographe nous vend une photo avec un beau chien Saint-Bernard assis entre nous deux – Magique !



17 h 52 – Après avoir gravis les 430 marches (ouf !), repris la télécabine et fait la file d’attente (encore !), nous montons abord du petit train rouge qui nous permet de redescendre à Chamonix, en 20 minutes environ, à travers la forêt, quelques tunnels et viaducs.  Nous nous dirigeons ensuite vers la gare ferroviaire pour notre dernier trajet de la journée.

18 h 54 – Nous montons abord du train pour le retour au camping… nous sommes morts de fatigue mais euphoriques de cette magnifique journée riche en émotions.  Nous en conserverons un souvenir inoubliable.


Informations : pour ceux que ça intéresse, le coût total de toutes les entrées et transports (train, téléphériques, télécabines etc.)  est de 78 euros par personne.  Nous avons acheté un seul billet au départ qui a servi toute la journée. Comme nous n’avons pas pris le deuxième téléphérique au Plan de l’Aiguille pour descendre sur Chamonix, le billet a servi au trajet abord du train de Montenvers.  Il y a des billets moins chers, mais nous avons choisi la « Totale »  et ça vaut vraiment la peine.

mercredi 7 août 2013

Col des Aravis et les montagnes qui sonnent...

Au départ d’Annecy, nous longeons le lac d’Annecy sur sa rive est pour nous diriger ensuite vers la petite ville de Clusaz, station d’hiver très courue.  Nous tentons de trouver un stationnement pour visiter un peu mais c’est peine perdue, il y a des autos partout et pas de place pour nous.  Nous poursuivons donc notre route vers le Col des Aravis, qui traverse, à 1 385 mètres, la chaîne des Aravis.  Nous nous arrêtons donc au sommet du col et y trouvons diverses boutiques savoyardes qui proposent des produits locaux.  Nous nous procurons des mules (pantoufles) en mouton retourné pour les saisons moins estivales, de même qu’une petite peau de lapin qui agrémentera une paroi intérieure du Bourlingueur pour y présenter notre collection d’épinglettes européennes. Ce col nous enchante par le son des cloches accrochées au cou des vaches qui broutent l’herbe des montagnes. Quelle mélodie inoubliable.  Il y a une petite chapelle très chaleureuse, réchauffée par de nombreux lampions et surtout un commerce où nous achetons divers produits alimentaires locaux, pain, pâté de foi grand-mère et fromages Tome et Reblochon.  Notre dîner est délicieux !  Nous reprenons ensuite notre route jusqu’au camping « Mer de glace » à Chamonix où nous passerons quelques jours car l’endroit est un grand terrain de jeux !