samedi 15 mars 2014

PORTUGAL - Tavira, Evora et le printemps

12 au 15 mars

Tavira

Au départ de Séville mercredi, nous cheminons vers l’ouest une centaine de kilomètres et nous voilà rendus au Portugal.  Nous faisons halte pour la nuit à Tavira, petite ville en Algarve qui mérite un détour selon notre Guide Vert.  Quoique très modeste, l’aire de camping-car municipal nous offre tous les services d’un camping et nous permet de marcher jusqu’au centre.  Nous nous promenons donc dans la vieille ville sise sur le bord d’une belle rivière que traversent deux vieux ponts bas, nous montons jusqu’aux vestiges du château maure et nous arpentons les petites rues en admirant les maisons ornées de moucharabiehs (balcons maures en avant-corps avec un grillage), les toitures à pans retroussés et les cheminées typiques de l’Algarve.  Souvent, les murs extérieurs des maisons sont recouverts de tuiles céramiques aux motifs semblables à ceux qu’il y avait dans nos salles de bain dans les années 70.





Nous faisons halte au bureau de poste car il nous faut acheter un abonnement pour les autoroutes électroniques, au cas où il nous faudrait en emprunter.  C’est un système un peu compliqué, on nous vend une carte (10 euros) avec un code à gratter (mais rien à gagner !) et il faut envoyer un SMS pour activer la carte avec un message selon une séquence définie comprenant notre numéro d’immatriculation et le code.  Ensuite, nous devons recevoir une confirmation de l’activation. Comme notre téléphone ne fonctionne pas au Portugal, nous transmettons un SMS via SKYPE.  Nous avons malheureusement reçu un échec de l’envoi le lendemain matin, donc ça nous semble impossible d’activer notre carte car c’est la seule façon de faire selon les instructions.  Il faudra donc éviter les autoroutes électroniques. Nous évitons en général les autoroutes payantes mais selon notre carte routière, il faut parfois en emprunter et le pire, c’est qu’on ne sait pas si l’autoroute est à péages conventionnels ou électroniques…


Evora

Jeudi, nous partons pour Evora en évitant l’autoroute.  Nous quittons donc la côte sud du Portugal et remontons vers le nord en traversant une très belle campagne.  Nous nous installons au camping Orbitur situé à 2 km du centre d’Evora.  Notre visite de la ville se déroule vendredi sous une température parfaite, un peu frais à l’ombre et très confortable au soleil. 

Corsetée de remparts médiévaux et une des plus belles cités du Portugal comme le dit mon guide, Evora, est classée au Patrimoine mondiale de l’humanité par l’Unesco.  Nous avons fait le tour de la ville pendant plus de trois heures en visitant entre autres la cathédrale et son cloître, les vestiges d’un temple romain, l’aqueduc romain, l’université (ancien collège jésuite) et le parc municipal et son palais maure.  C’est vrai que c’est une très belle petite ville agréable à découvrir.

Intérieur de la cathédrale - beaucoup de marbre rose
Ruines du temple romain construit au 2e siècle
Aqueduc romain
Université d'Evora - ancien collège des jésuites
Palais maure du roi Manuel


Le printemps est arrivé !

Nous sommes milieu mars et on peut dire que le printemps est arrivé au sud du Portugal.  Les arbres sont feuillus pour la plupart, la campagne est verdoyante et les fleurs sauvages abondent.  Les oiseaux chantent tôt le matin et les grenouilles croassent le soir.  Ce que nous avons rencontré sur la route d’Évora et qui nous a fascinés, ce sont les nombreux nids de cigognes.  Comme nous n’avons pas de cigognes au Québec, nous sommes très curieux d’observer ces énormes oiseaux préparant leur nid en couple.  Il y en a beaucoup ici et ils construisent leur immense nid très haut et avec une vue en 360 degrés.  Ils sont donc perchés en haut des poteaux téléphoniques ou des pylônes électriques.  Il y avait même un couple sur un clocher d’église à Evora.  Quelques photos de ce beau printemps.






 



mardi 11 mars 2014

L’étonnante Séville

7 au 11 mars

Vendredi, nous prenons la direction du nord pour rejoindre Séville, située à moins de 80 kilomètres de Cadix.  Alors que nous étions habitués à retrouver des villes sises aux contreforts des montagnes lorsque nous quittions le bord de mer, c’est plutôt une vaste plaine que nous parcourons plantée d’oliveraies à perte de vue.  L’Espagne est le plus gros producteur d’huile d’olive mondial et c’est en Andalousie que l’on retrouve 70% de sa production.  Nous nous installons pour quelques jours au camping Villsom à Dos Hermanas, petite localité à 9 km au sud de la capitale de l’Andalousie.


Le tour de ville et le parc Maria Luisa

Samedi, après un peu plus de cinq minutes de marche, nous prenons le bus pour 30 minutes de trajet jusqu’à son terminus tout près de la Plaza Espana.  Nous marchons sur les grandes avenues aux alentours, prenons un petit lunch et optons finalement pour un tour de ville guidé en autobus touristique afin de nous familiariser avec la ville.  Notre billet nous permet de monter et descendre à notre guise pendant 48 heures, soit jusqu’à lundi 14 h.  Nous choisissons donc de faire le tour au complet la première fois.  Nous branchons les petits écouteurs et glanons les informations en français sur les différents quartiers de Séville.

Nous descendons de l’autobus touristique sur le bord du rio Guadalquivir, l’important fleuve qui traverse Séville et qui permit à la ville de croître et de devenir le plus important port fluvial d’Espagne.  Nous longeons le fleuve jusqu’au parc Maria Luisa. Séville connut deux importantes expositions au vingtième siècle, l’exposition universelle en 1992 – nous avons vu le site lors de notre tour de ville – mais c’est le site de l’exposition ibéro-américaine en 1929 qui nous attire.  Les pavillons sont répartis dans le parc Maria Luisa que nous parcourons pour voir ces beaux édifices construits au début du siècle et qui représentent les colonies américaines espagnoles.  D’autres édifices importants sont également présents dans ce parc : le musée archéologique et le musée des arts et traditions populaires.

Pavillon du Maroc, Exposition de 1929
Musée d'archéologie

Balustrade en faïence
Nous terminons la journée en visitant l’imposante Plaza Espana, aussi construit pour l’exposition de 1929.  C’est un immense édifice en demi-lune comportant deux tours et composé de briques avec des insertions en céramique bleu.  Des azulejos (scènes en carreaux de céramique émaillés) sont répartis tout le long de l’édifice et évoquent l’histoire de chacune des provinces espagnoles.  Devant l’édifice, un immense canal où circulent promeneurs en chaloupe est entouré d’une belle balustrade en céramique dans les tons de bleus… Denis, qui adore la faïence, est servi !


Azulejos de la Plaza Espana

L'immense Plaza Espana


Le quartier Santa Cruz

Dimanche, nous visitons le vieux quartier Santa Cruz en commençant par la Cathédrale, où repose Christophe Colomb.  Encore là, c’est sur le site de la Grande Mosquée des Almohades que l’immense édifice gothique comprenant cinq nefs fût bâtit pendant un peu plus d’un siècle.  Seule la Giralda (très haut clocher avec une girouette en bronze) et le patio de los Naranjos (cours des orangers) subsistent de l’époque arabe.  L’intérieur est immense, les colonnes impressionnantes par leur diamètre mais l’ensemble est sombre et un peu froid.

La Cathédrale de Séville, très imposante
Le Giralda (ancien minaret)


En contournant la cathédrale, nous débouchons sur la jolie Plaza Virgen de los Reyes où nous admirons la Giralda de près ainsi que le très bel édifice du Palacio arzobispal, utilisé par le clergé sévillan.  En continuant notre contournement de la cathédrale, nous débouchons dans autre belle place, la Plaza del Triunfo longée par la casa Lonja qui abrite les archives des Indes dont les documents retracent la colonisation espagnole.  Nous lunchons près de la statue de l’Immaculée Conception longée par le mur médiéval de l’Alcazar. 




Le Palacio arzobispal sur la Plaza Virgen de los Reyes

Nous nous rendons donc ensuite visiter l’Alcazar, l’ensemble des Palais Royaux de Séville, résidence des rois espagnols pendant près de sept siècles.  Les Maures débutèrent la construction dès l’an 844 mais leur héritage reste surtout présent grâce aux artisans qu’employèrent les souverains chrétiens au 14e siècle. L’architecture arabe ressemble beaucoup au Palais Nasride de l’Alhambra de Grenade mais nous remarquons que l’ensemble est encore mieux conservé car ces palais ont servis au cours des derniers siècles et la famille royale espagnole continue encore aujourd’hui à l’utiliser en partie.  La richesse des stucs et des azulejos nous fascine.  Nous visitons ensuite les jardins, encore là immenses et magnifiques.





Les quartiers Macarena et Arenal

Robes traditionnelles
Pour notre troisième et dernière journée de visites, nous prenons le car touristique jusqu’au quartier de la Macarena.  Nous entrons dans la Basilica de la Macarena qui abrite la célèbre Virgen de la Macarena, statue vénérée par les sévillans et souvent utilisée lors de processions.  L’église est d’ailleurs pleine de pèlerins venus adorer la Vierge, entourée de dorures et qui domine le maître-autel. Nous parcourons ensuite les petites rues du quartier, traversons l’immense place Alameda de Hercules et débouchons sur la calle de Las Sierpes, la rue piétonnière commerçante la plus célèbre de Séville qui propose des établissements offrant des chapeaux andalous, des éventails et des mantilles espagnols. Plusieurs boutiques des rues environnantes offrent aussi des vêtements andalous sur mesure et d’autres objets de cultes utilisés lors des processions religieuses.  Nous poursuivons jusqu’à la Plaza San Francisco et la Plaza Nueva, les deux places étant séparées par l’Ayuntamiento de Sevilla (l’hôtel de ville). 

La vierge de la Macarena

Après une sangria et un copieux repas de tapas dans un petit café, nous nous promenons dans les petites rues jusqu’à la Casa de Pilatos – maison qui aurait été construite sur le modèle de celle de Ponce Pilate à Jérusalem – nous entrons dans une surprenante petite chapelle très richement décorée, et nous marchons vers le quartier Arenal jusqu’à la Plaza de Toros de la Maestranza.  Notre visite guidée de ces belles arènes sera le clou de la journée. Bâties entre 1761 et 1881, ces arènes à la façade baroque très jolie, peuvent contenir jusqu’à 14 000 spectateurs. Le musée retrace les différentes époques de la tauromachie et on nous apprend que le costume du toréador tissé de fils d’or et de paillettes, coûte environ 3 000 euros et est identique encore aujourd’hui à celui qui était fabriqué au début du siècle.  Notre guide nous apprend que les corridas sont encore très populaires et à guichet fermé, ce qui nous surprend un peu.  Le billet coûte de 70 à 150 euros pour les meilleures places.  Le matador peut gagner jusqu’à 20 000 euros lors d’une corrida lors de laquelle il tue deux taureaux âgés de 4 à 6 ans, en moins de trente minutes chacun.  La saison débute en avril avec les Fêtes de Pâques et se poursuit jusqu’en octobre.  Même si nous étions dans la saison, nous n’assisterions probablement pas à ce spectacle pour voir un animal se faire tuer devant des spectateurs excités !






Nous avons beaucoup apprécié notre visite de Séville.  Nous ne nous attendions pas à une ville aussi bien aménagée avec de grands boulevards, de beaux et très grands parcs, un réseau de tramway et de nombreuses pistes cyclables.  Séville nous a étonnés et charmés…
  
Parc Maria Luisa

L'édifice "Couturier de la Reine"

jeudi 6 mars 2014

Cadix, la belle aux yeux de velours

3 au 6 mars

Lundi, de retour sur la côte, nous profitons de la douceur du temps dans un petit camping situé entre Marbella et Estapona.  Nous poursuivons notre route mardi en passant près de l’immense rocher de Gibraltar et son détroit.  Nous voyons très bien les côtes de l’Afrique, le Maroc étant situé à quelques kilomètres seulement de l’autre côté du détroit, emprunté par de nombreux navires ; c’est la porte d’entrée maritime de la Méditerranée.  Pour notre part, nous quittons les côtes de la Méditerranée avec un petit pincement, nous bourlinguons depuis la fin d’août dernier le long ses belles côtes.

Le Rocher de Gibraltar
Nous sommes maintenant en Atlantique et avons un autre petit pincement… c’est l’Amérique de l’autre côté !  Mais il nous reste encore plein de découvertes à faire et la traversée de l’océan attendra encore quelques mois.  Nous continuons jusqu’à El Puerto Santa Maria tout près de Cadix.  Nous nous installons dans le camping municipal Las Dunas, très confortable et tout près d’une belle plage.  Un traversier nous amènera à Cadix le lendemain.

Sous un ciel très nuageux, nous partons à pied mercredi matin pour nous rendre au quai du traversier, et pour seulement 5 euros aller-retour et 30 minutes de trajet, un trimaran traverse la baie et nous débarque au centre de Cadix. L’une des plus vieilles villes d’Europe, elle est située sur une langue de terre qui s’étend au large de la côte et la vieille ville, presqu’entièrement entourée par la mer et qui fait un peu moins de 2 km carrés, est au bout de cette péninsule.  Cadix a été fondée par la Phéniciens vers 1100 avant J.-C.  Donc, comme c’est souvent le cas, c’est une ville possède plusieurs forteresses ayant été utiles pour ses défenses.

Nous nous rendons en premier lieu à la place de l’Hôtel de Ville, grande et animée et ensuite à la Cathédrale, le monument le plus important de la ville.  Très imposante à l’extérieur, nous ne mettons qu’un pied à l’intérieur car on nous demande un coût d’entrée pour un intérieur très détérioré… des filets ont même été installés pour retenir le crépit tombant du plafond.

La Cathédrale, imposante, requiert de l'entretien
Le marché aux poissons
Nous poursuivons donc notre marche dans le dédale des rues minuscules, arrêtons à la poste, au marché pour admirer les beaux étals de poissons et fruits de mer et nous nous dirigeons ensuite vers le bord de mer.  Le ciel se dégage enfin et nous marchons sur une digue jusqu’au phare et forteresse San Sebastian qui nous offre une belle vue sur la ville.  Nous longeons ensuite le bord de mer pendant quelques kilomètres en traversant de très beaux jardins, dont celui commémorant la première constitution d’Espagne, promulguée à Cadix en 1812.
la Forteresse Sans Sebastian
Le Parc Genoves
La belle façade de l'église Virgen del Carmen


Notre tour nous ramène vers la cathédrale où nous dégustons un café et une sangria sur une terrasse en admirant la performance d’une danseuse arabe.







Notre visite de Cadix s’est ensuite terminée par la Plaza de San Antonio.  Nous sommes en pleine période du Carnaval, le plus important d’Espagne.  Aujourd’hui, c’est la journée des enfants et nous avons beaucoup de plaisir à les regarder s’inscrire au concours des déguisements.  Il y a deux catégories, 0-6 ans et 7-13 ans mais c’est celle des plus jeunes qui est la plus courue.  De nombreux enfants accompagnés de leurs parents sont maquillés et déguisés avec de très beaux costumes qui ont sûrement demandés plusieurs heures de travail.  Il y avait des enfants de moins d’un an dans des poussettes déguisés en Peter Pan ou autre personnage du même genre et la ligne d’inscription était longue ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à observer des policiers, des militaires, des pirates, un nettoyeur de rue avec son chariot et ses balais, plusieurs fées mais c’est deux petites filles d’à peine 3 ans qui ont retenues notre attention : une déguisée en veille grand’mère et l’autre en Cruella, la méchante des 101 dalmatiens. Nous avons aussi rencontré plusieurs jeunes filles habillées du beau et chic costume traditionnel d’Andalousie.






Nous retournons au traversier sans avoir rencontré la belle de Cadix aux yeux de velours de Luis Mariano, mais nous avons rencontré le buste en bronze de la Perle de Cadix, la chanteuse gitane de flamenco Antonia Vargas Gilabert qui fut très populaire dans les années 1960.