samedi 12 juillet 2014

Krakow et ses nombreuses églises

8 au 10 juillet

Mardi, nous roulons jusqu’au camping Krakowianka, le camping municipal de Cracovie.  Bien situé, il nous permet de prendre le tramway tout près jusqu’au centre-ville et nous sommes à cinq minutes de marche d’un gros centre d’achats de commerces français : Carrefour, Decathlon et Castorama entre autres. 

La Place du marché

Mercredi, notre première destination est la grande place centrale de la vieille ville.  Immense, elle est entourée de plus de quarante bâtiments historiques et palais d’origine médiévale, occupés par de nombreux cafés et restaurants avec terrasses sur la place.  Pour les touristes, des cochers et cochères costumés conduisent de belles calèches blanches tirées par des chevaux décorés.  Son centre est occupé par un long édifice appelé La Halle aux Draps.  Un des édifices le plus connu de la ville, son style provient de l’héritage des tatares qui ont pris Cracovie au 13e siècle.  La petite église médiévale Saint-Adalbert et le vieux beffroi de l’Hôtel de ville complètent l’ensemble.

La Halle aux Draps
Sur un coin de la place, se trouve également l’Église Notre-Dame. Datant du 13e siècle, elle est très imposante et elle possède deux tours de hauteurs différentes.  Dans l’une des deux tours, un trompettiste joue le « hejnal » à toutes les heures vers les quatre points cardinaux et la mélodie s’arrête toujours à la mi-phase pour commémorer un gardien tué par des envahisseurs.  L’intérieur de l’église est riche mais sont plus grand trésor est le magnifique retable de Veit Stoss, chef d’œuvre de la sculpture gothique.  Il est décoré de 200 personnages sculptés en bois de tilleul et dorés dont les plus grands atteignent 3 mètres de hauteur.

L'Église Notre-Dame
Le retable de Veit Stoss

La vieille ville

La Barbacane
Après un bon repas dans un petit resto, nous avons parcouru les rues et ruelles de la vieille ville, en passant par la vieille université Jagellone, où Copernic étudia et le bel édifice du théâtre Juliusz Slowacki.  Nous avons aussi apprécié la Barbacane, une fortification ronde très connue.  Mais surtout, ce sont les nombreuses églises qui jalonnent la ville qui impressionnent.  Il y a en a presqu’à tous les coins de rue et la plupart sont à visiter.  Elles sont souvent vieilles à l’extérieur mais très riches à l’intérieur.  Et, bien sûr, nous remarquons des photos, des statues et des chapelles dédiées à Saint-Jean-Paul-II un peu partout.  Karol Wojtyla est né à Wadowice près d’ici.  Il a étudié et passé une bonne partie de sa vie à Cracovie où il a été archevêque.

L'intérieur de l'église collégiale de l'université Jagellone


Le théâtre Juliusz Slowacki



La richesse du Wawel
Jeudi, nous commençons nos visites par le Wawel, un ensemble de bâtiments historiques construits sur une colline fortifiée, comprenant la Cathédrale du Wawel et le Château Royal.   Nous n’avons pu visiter le château car tous les billets de la journée étaient épuisés.  Par contre, nous avons apprécié la visite de la cathédrale qu’on dit la plus majestueuse église de Pologne, nécropole des rois, souverains, poètes et évêques de Cracovie.  Le mausolée d’argent de Saint-Stanislas, saint-patron de Cracovie, est une belle œuvre baroque.


La Cathédrale Wawel

Le Château Royal de Wawel

Kazimierz, le quartier juif

Ce petit quartier situé au sud-est de la vieille ville a été construit en ville autonome en 1495 pour accueillir la population juive déplacée de Cracovie.  Kazimierz est devenue un centre important de la culture juive en Pologne et la plus grande concentration de Juifs en Europe.  Elle a été annexée à Cracovie en 1822.  Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le quartier a été dévasté, les juifs déplacés dans un ghetto et ensuite ils ont presque tous été déportés à des camps de concentration ou assassinés.  Nous y retrouvons deux cimetières et plusieurs synagogues.  Nous avons visité la Vieille Synagogue, la Synagogue Remuh et le vieux cimetière Remuh.  C’est ici que Steven Spielberg a tourné son film « La liste de Schindler ».

L'intérieur de la Vieille Sygnagogue 


L’usine Emalia d’Oskar Schindler

En quittant le vieux quartier Kazimierz, nous traversons la Vistule pour atteindre le 4 rue Lipowa où se trouve l’usine de vaisselle émaillé et de produits en métal rendue célèbre par Steven Spielberg dans son film « La liste de Schindler ».  À l’origine fondée par trois industriels juifs, l’usine a été reprise par l’industriel allemand Oskar Schindler qui était membre du parti nazi et agent des services des renseignements, soit un espion allemand.  Ses entrées dans la haute direction nazie (et ses pots de vin) lui ont permis de garder des juifs à son emploi, d’y établir une succursale du camp de concentration Plaszow à l’arrière de l’usine et plus tard d’établir une liste de 1100 juifs qu’il racheta et transféra dans une nouvelle usine de munitions en République tchèque, leur sauvant la vie.  L’usine est aujourd’hui transformée en musée qui présente l’exposition « Cracovie – occupation nazie 1939-1945 ».  Cette émouvante exposition relate l’histoire des juifs de Cracovie ; nous y voyons notamment deux notes manuscrites du cinéaste Roman Polanski (âgé de 8 ans à l’époque) et des films de témoignages d’employés de l’usine qui ont été sauvés d’une mort certaine en travaillant pour Oskar Schindler.

L'usine Amelia

Oskar Schindler avec des employés

mardi 8 juillet 2014

POLOGNE – Wroclaw, ville couleur pastelle

6 et 7 juillet

Nous n’avions pas prévu un détour par la Pologne mais suite à la forte recommandation du propriétaire de l’aire de camping-car de Copenhague, nous décidons que tant qu’à être rendus si loin, pourquoi pas un crochet jusqu’à Cracovie.  Comme la distance est assez importante entre Berlin et Cracovie, nous décidons d’emprunter l’autoroute et de faire le trajet en deux jours.  Notre première surprise en arrivant en Pologne, c’est la chaussée !  Les automobiles qui se dirigent en sens inverse vers l’Allemagne ont une très belle chaussée, mais pas nous !  De tant à autre, la route est tellement détériorée qu’elle a été condamnée et on nous fait passer sur la voie voisine comme s’il y avait des réparations mais tout ça semble permanent !  Les québécois se plaignent souvent de l’état de leurs routes, mais ce n’est rien à comparé à ce 80 km de « planche à laver ». Ce fut tout un soulagement lorsque la route s’est enfin transformée en vraie autoroute !


Wroclaw

Nous n’avons qu’un seul guide pour les campings en Pologne, le guide Michelin « L’Europe en camping-car ».  Ce guide propose quelques campings dans les régions suggérées. On nous suggère de visiter cette ville que nous ne connaissons pas et de loger au camping municipal.  Située à mi-chemin entre Berlin et Cracovie, nous nous y arrêtons dimanche.  Les gens au camping ne parlent que le polonais et l’allemand, mais sont très gentils et on se comprend par des gestes.  Ils nous expliquent quels tramways prendre pour le centre-ville et les endroits à visiter.

Lundi, nous prenons le tramway tout près de l’entrée du camping pour un petit trajet à 12 Slotzy polonais, soit 3 Euros aller-retour 2 personnes… le coût de vie est bas ici…  Nous descendons la Place Dominikarski et nous nous dirigeons vers la place Ratusz, un grand carré de maisons aux couleurs pastelles qui entourent un vieil hôtel de ville à l’architecture aux inspirations diverses et aux multiples phases de construction.  C’est magnifique ! Tout autour de cette grande place, on retrouve des petits gnomes pompiers qui semblent être un symbole de Wroclaw.  Notre repas du midi dans un restaurant de la place Ratusz a été délicieux et très abordable.







L’imposante église Sainte-Élizabeth tout près de là est belle avec son toit aux tuiles à carreaux rouge et vert.  L’intérieur est très pieux. Quatre-vingt-dix pourcent de la population de la Pologne est catholique et on vénère le pape Jean-Paul II qui était polonais. 





Nous nous sommes également rendus sur le bord de l’Odra, la rivière qui traverse la ville, où nous avons apprécié l’architecture de la vieille université fondée par les jésuites.  Tous les musées sont fermés car nous sommes lundi, donc ce fut des visites extérieures seulement mais nous sommes enchantés d’être venus à Wroclaw ! 




samedi 5 juillet 2014

Notre 100e récit : Berlin et son fameux Mur

29 juin au 5 juillet


Se déplacer à Berlin

Dimanche, nous choisissons le camping Krossinsee situé dans la périphérie sud-est de Berlin, sur le bord d’un des nombreux lacs de la ville.  C’est le camping le plus rapproché du centre-ville dans nos guides.  La ville s’étend sur un vaste territoire et possède un réseau complexe de transport en commun.  À partir du camping, un trajet à vélo de 3 km (ou un bus) nous amène au tramway, qui lui nous amène au train de banlieue qui à son tour nous amène au métro.  Donc, lundi, mardi, jeudi et vendredi, nous parcourons ce trajet d’au moins 1h15 (à l’aller et au retour) pour nous rendre au Berlin-Mitte, le centre-ville, en plus des déplacements en métro, tramway et bus pour atteindre les sites à visiter.  Véritable toile d’araignée, deux guides nous aident à s’y retrouver dans ce réseau très efficace qui transporte les trois millions d’habitants de Berlin d’un quartier à l’autre.  On achète notre billet, on le composte et c’est tout.  Pas de barrière d’accès nulle part, on accède librement à tous les quais d’embarquement.


Le Mur de Berlin : de l’histoire contemporaine

Ce qui nous intéresse le plus à Berlin, c’est son fameux Mur qui fait partie de l’histoire de notre époque. Un peu d’histoire : après la capitulation de l’Allemagne signée à Berlin le 8 mai 1945, les vainqueurs prennent en main l’administration du Grand Berlin qui s’est vue octroyée un statut spécial à la conférence de Yalta.  Des territoires d’occupation sont donc attribués à la Grande-Bretagne, à la France et aux États-Unis du côté ouest de la ville, et à l’URSS du côté est.  Cependant, la montée des tensions entre l’Ouest et l’Est les années suivantes et l’afflux de réfugiés à Berlin-Ouest mènent les autorités de l’Est à interdire tout passage entre les deux Berlin le 13 août 1961.  L’édification du mur débute quelques jours plus tard. Comme Berlin est située dans l’Allemagne de l’Est, le mur, long de 160 km et haut de 5,6 mètres, entourait entièrement le secteur « Ouest ».  Des familles et amis furent ainsi séparés, les gens perdirent leur emploi car ils ne pouvaient plus traverser à l’Ouest pour aller travailler.  Aujourd’hui, un pavé représentant le parcours du mur traverse les avenues et places un peu partout en ville.  Plusieurs sites commémorent la fraction des deux Berlin jusqu’à la réunification le 9 novembre 1989. 
  
Check-point Charlie
C’est le poste frontière en plein centre-ville utilisé par les diplomates, les militaires et les étrangers.  À cet endroit en octobre 1961, les chars américains et soviétiques se sont fait face dans un grand moment de tension !  D’un côté du poste, on voit une affiche qui indique « Vous entrez dans le secteur américain » et de l’autre côté, l’affiche indique « Vous entrez dans un secteur de non-profit »…



East Side Gallery
Situé dans le secteur Est, le long de la Spree, la rivière qui traverse Berlin, c’est le plus long tronçon conservé.  Après la chute du mur, des artistes internationaux ont été invités à réaliser ces œuvres sur ce tronçon de 1,3 km.  Nous y avons vu des oeuvres connues, notamment le Bruderkuss (le baiser échangé entre Honecker et Brejnev) et aussi celle du québécois Maillé.




Le Mémorial du mur de Berlin
Situé sur la Bernauer Strasse, c’est un long segment où l’on commémore et raconte la vie des gens de ce secteur.  On y a conservé un tronçon intact du mur qui était précédé d’un « no man’s land », de miradors, de barbelés et d’un autre mur de 4 m de haut.  À cet endroit, la frontière passait devant un ensemble de maisons se trouvant à l’Est qui faisait office de « mur » et le trottoir se trouvait à l’Ouest.  Les autorités empêchèrent les gens d’utiliser les portes et fenêtres pour sortir, mais ils montèrent aux étages et sautèrent sur le trottoir pour passer à l’Ouest (parfois dans des toiles soutenues par les pompiers).  Les autorités finirent par évacuer les maisons et les détruisirent pour construire un vrai mur.  Des tunnels furent aussi creusés.  Le mémorial nous présente également la liste officielle des gens tués en tentant de traverser la frontière, de même que l’histoire d’une grosse église qui fut démolie et du cimetière qui fut déplacé afin de créer la zone « no man’s land ».




Trois autres « Mémorial » émouvants

L’histoire de Berlin est intimement liée à la Seconde Guerre mondiale et à l’Holocauste.  Nous avons visité trois sites relatant l’histoire de cette époque.

Topographie de la terreur
C’est une exposition en plein air qui se trouve derrière un pan du Mur, sur les ruines des bâtiments des administrations centrales du 3e Reich, soit la police secrète d’état (la Gestapo) et les services de sécurité (les SS).  L’intéressante exposition relate toute l’histoire de l’époque « Hitler », de la prise du pouvoir à la répression jusqu’à l’extermination des juifs et autres dissidents.

Le Mémorial de l’Holocauste
Dédié aux victimes juives d’Europe, il comporte un champ de 2711 stèles de tailles différentes.  Le musée sous terre présente le fil des événements ainsi que des témoignages très émouvants de victimes et le destin de 15 familles juives. 



Le Mémorial de la Résistance allemande
Dans cet édifice, on honore des centaines d’allemands qui ont posé des actes contre le régime d’Hitler.  On y décrit entre autre deux attentats pour tuer Hitler qui n’ont pas réussis, un en 1938 par un jeune allemand et une vaste conspiration en août 1941.


Des sites et places importants

La porte de Brandebourg
Située au bout de l’avenue Unter den Linden (allée des tilleuls) et véritable emblème de Berlin, elle fut le symbole de la division de la ville de 1961 à 1989 car elle faisait partie intégrante du Mur.  Elle fut construite en 1789 et fut passablement abîmée pendant la guerre, mais reconstruite tel quel.  Un grand espace festif du côté « parc » de la porte permet aux berlinois de se réunir pour assister à la diffusion de la Coupe du monde de soccer qui a lieue présentement au Brésil.  Ces installations ont réduit de beaucoup la qualité de nos photos.



La colonne de la Victoire
Très imposante et haute de 67 mètres, elle est surmontée d’une Victoire et ornée de plusieurs canons dorés.  Elle a été érigée pour commémorer les campagnes prussiennes de 1864, 1866 et 1870.  La montée des 300 marches à l’intérieur de la colonne nous a permis (en plus de notre exercice de la journée !) d’apprécier une très belle vue sur le grand Berlin.  Elle est située au centre du Tiergarten, un grand parc de 3 km de long au centre de Berlin qui nous a fait penser au Central Park de New-York.



Le Reichstag
Situé près de la porte de Brandebourg, le Reichstag (le parlement) siège dans un bâtiment imposant qui fut construit en 1894 mais fortement endommagé par les bombardements alliés en 1945. Inutilisé pendant la Guerre froide, il fut reconstruit à compter de 1990 tout en conservant son architecture d’origine.  Nous retrouvons dans ce secteur, outre la Chancellerie (équivalent de la Maison Blanche) plusieurs bâtiments administratifs aux architectures très modernes.


Des édifices gouvernementaux près du parlement (à gauche)




La Cathédrale de Berlin
L’imposante cathédrale protestante, de style Renaissance italienne, date de 1905.  L’intérieur peut contenir 1500 personnes.  Plusieurs sarcophages y sont exposés, dont celui de Frédéric 1er et son épouse Sophie-Charlotte.




D’autres places importantes
Nous avons déambulé dans plusieurs places de Berlin, notamment la Postdamer Platz qui fut séparée en deux par le Mur et devint alors un terrain vague.  Daimler-Chrysler et Sony y ont construit d’imposants édifices modernes.  Nous sommes également passés par l’Alexanderplatz qui était située à l’Est et qui a été reconstruite dans le style austère de l’architecture socialiste.  Finalement, la Gendarmenmarkt est sans doute la plus belle place de Berlin avec son théâtre de style antique entouré par les cathédrales allemande et française.

L'Alexanderplatz et ses édifices à l'architecture socialistes

La cathédrale française du Gendarmenmarkt

Nous avons aussi visité quelques édifices commerciaux modernes, dont les chics grands magasins KaDeWe, Galeries Lafayette et Freidrichstadtpassagen (22 lettres !), et déambulé dans le quartier des ambassades où plusieurs édifices sont très récents et modernes.

Les boutiques de luxe de la Freidrichstadtpassagen

L'ambassade de la Grande-Bretagne

Nous avons parcouru Berlin pendant quatre jours et y avons visité les sites qui nous intéressaient le plus.  Plusieurs musées et salles de spectacles complètent la liste importante des endroits à voir.  C’est une ville de jeunes où la culture alternative est présente un peu partout.

Photo prise à la Hauptbahnof (nouvelle gare) - Bombardier procure de la fierté aux québécois qui voyagent !